Quel rôle pour les jeunes dans la pandémie?

OPINIONS / L’auteure, Catherine Marcoux, est originaire de Trois-Rivières. Elle s’exprime ici au nom de l’Observatoire jeunesse d’Oxfam-Québec.

Depuis l’interdiction des rassemblements au Québec en mars dernier, notre monde a été chamboulé. L’Observatoire jeunesse d’Oxfam-Québec (OJOQ), comité consultatif composé de 17 jeunes de 16 à 35 ans, est préoccupé par le peu de place accordée aux jeunes depuis le début de la pandémie. L’OJOQ souhaite sensibiliser la population à la réalité des jeunes et aux inégalités croissantes qui en découlent, tant pour les jeunes du Québec que des pays en développement.

Des impacts multiples

La pandémie a des impacts spécifiques sur les jeunes, qui représentent plus du quart de la population mondiale. En tant que groupe hétérogène – origines, croyances, orientations sexuelles, classes sociales diverses – la pandémie les affecte de différentes façons. Toutes et tous sont touchés par la crise de la COVID-19 et leur degré de vulnérabilité dépend de leur identité et d’une combinaison de facteurs plus ou moins aggravants.

Pensons aux jeunes autochtones qui vivent dans des communautés où les infrastructures de santé sont déficientes, ou encore aux jeunes femmes, plus exposées au virus, puisqu’elles sont surreprésentées dans le domaine de la santé et des services sociaux.

Même si le virus cause moins de complications de santé chez les jeunes, des impacts sociaux importants se profilent à long terme. D’abord, la fermeture des écoles augmente le risque de décrochage. De plus, dans plusieurs communautés défavorisées, les jeunes dépendent du milieu scolaire pour assurer leur sécurité alimentaire. Confinés, ils et elles sont également plus à risque de violence domestique. Enfin, une grande partie des services sociaux pour la jeunesse ont été réduits, laissant plusieurs jeunes vulnérables sans ressources.

La COVID-19 affecte aussi les jeunes économiquement. En effet, ils et elles sont surreprésentés dans les emplois précaires et à basse rémunération ainsi que dans le secteur des services, durement touché par les contraintes associées aux normes strictes d’hygiène et de distanciation sociale.

La pandémie a aussi des impacts psychologiques, qui augmentent avec la multiplication des crises (ex. crise financière de 2008): on note une angoisse grandissante par rapport au futur. Cette crise est singulière, puisque la jeunesse est parfois dépeinte comme insouciante et responsable d’une propagation accrue de la COVID-19. Cette perception contribue à une désolidarisation des jeunes face aux générations précédentes.

Les jeunes comme vecteurs de changements

La jeunesse s’est mobilisée de multiples façons dans le monde depuis le début de la pandémie: il est crucial de souligner sa participation dans la lutte, souvent de façon bénévole, et de rappeler que les jeunes sont avant tout des vecteurs de changements plutôt que de contagion.

Sur le continent africain, les activités de la jeunesse pour limiter la propagation de la COVID-19 se multiplient. Au Togo, au Sénégal et au Cameroun, la jeunesse fabrique des produits d’hygiène pour le grand public et du matériel technologique pour les spécialistes de la santé.

Au Québec, celles et ceux qui travaillent en santé s’efforcent de mettre la main à la pâte, malgré qu’ils et elles soient les derniers à être sollicités en renfort. Lors d’un entretien avec l’OJOQ, des jeunes bénévoles du quartier Saint-Michel, à Montréal, ont expliqué comment ils et elles préparent des paniers de denrées pour des banques alimentaires, faire l’épicerie de personnes âgées, etc. À Montréal-Nord, des jeunes distribuent des trousses d’hygiène et sensibilisent la communauté.

Également très actifs, les regroupements jeunesse, les associations étudiantes et les ailes jeunesse des partis politiques québécois et canadiens invitent à briser l’isolement et à poser des gestes concrets, comme donner du sang. Il est clair que les jeunes sont une partie intégrante de la solution et non pas les maillons faibles de la collectivité.

L’après-COVID-19

La pandémie est également un moment pour réfléchir à l’après-COVID-19. La crise nous force à réfléchir à la viabilité du système capitaliste et à ses conséquences humaines et environnementales. La réouverture économique est une occasion à saisir pour mener une transition juste et écoresponsable. Ces derniers mois ont montré qu’avec de la volonté, nos gouvernements peuvent mobiliser les ressources pour affronter une crise sans précédent, ce qui donne espoir quant à nos chances d’aplanir la courbe des changements climatiques.

Des changements concrets et immédiats sont nécessaires: en tant que vecteurs de changements, les jeunes doivent contribuer à la réflexion pour défendre et mettre de l’avant leur vision d’un monde résilient et solidaire.

Inspirons-nous des idées novatrices des jeunes pour construire l’avenir!

Si vous désirez contribuer à l’action d’Oxfam-Québec, vous pouvez signer cette pétition adressée au gouvernement canadien:

https://oxfam.qc.ca/batir-societe-juste-verte-inclusive/