L’auteure de cette lettre se désole du fait que pendant que l’environnement brille par son absence de l’écran radar politique, ceux et celles qui tentent de le ramener à l’avant-plan semblent être boudés par une classe médiatique complaisante.

Quel intérêt?

Alors que nous vivons un été tout en canicules, LaPresse +, sous la plume de sa journaliste Isabelle Hachey, publiait récemment un dossier intitulé Changements climatiques, À quoi ressemblera le Québec de 2050?

S’appuyant largement sur les données d’Ouranos, un consortium à but non lucratif comptant parmi ses membres les gouvernements fédéraux et provinciaux, la journaliste dressait un sombre portrait de ce qui nous attend dans quelques années. Pas dans un siècle. Demain matin, pour ainsi dire.

Pendant ce temps, notre premier ministre nous annonçait lui, une campagne électorale. Pour l’occasion, il n’en avait que pour l’économie, en mettant encore une fois l’emphase sur la croissance économique. Tout comme son principal adversaire, par ailleurs.

L’un vantait son bilan, l’autre nous promettait toujours plus d’emplois, toujours mieux payés. Pour entrecouper le refrain, et peut-être pour se donner bonne conscience, un mot sur la santé et puis un autre sur l’éducation. «Nos priorités», disent-ils, l’un comme l’autre. Et de l’environnement? Pas un mot. Sinon pour dire qu’on s’en occupe. Que l’hydro-électricité est pas mal plus propre que le charbon. Que l’on est toujours bien meilleurs que nos voisins. Et autres formules visant à nous déculpabiliser et à rapidement revenir à ce qui fait gagner des votes : des jobs!

On se désolera que la classe médiatique, notre radiodiffuseur public en tête, fasse la belle part à ces «grands» partis – et à leur rhétorique usée. Pendant que la planète se réchauffe et que les scientifiques abordent de plus en plus le thème du «point de non-retour», des joueurs politiques, certes moins performants à la joute électorale, abordent de front ces enjeux fondamentaux. Malgré la dure pertinence de leur discours, ceux-ci ne trouvent malheureusement que peu d’écho dans les médias de masse. Pensons ici au Parti vert ou même à Québec solidaire, qui, malgré un 10 % d’intentions de vote annoncé par les sondages, ne bénéficie pas de la couverture médiatique dont font l’objet les caquistes, les libéraux ou les péquistes de ce monde.

Pendant que l’environnement brille par son absence de l’écran radar politique, ceux et celles qui tentent de le ramener à l’avant-plan semblent être boudés par une classe médiatique complaisante. Vraiment dommage.

Caroline Soucy

Saint-Narcisse