Selon l’auteur de cette lettre, les organismes communautaires apportent du soutien à plus de 16 000 personnes annuellement à la MRC de Maskinongé.

Quel avenir pour le Centre communautaire de Louiseville?

L’auteure, Marianne Cornu, est présidente du conseil d’administration de la Corporation de développement communautaire de la MRC de Maskinongé.

Le 12 septembre dernier, la Ville de Louiseville a annoncé la fermeture de son centre communautaire pour des raisons de sécurité. Avisés le matin même, les 16 organismes à but non lucratif (OBNL) qui y avaient leurs locaux ont retroussé leurs manches et ont entrepris un déménagement précipité, avec l’aide précieuse de nombreux bénévoles. Les uns ont pu trouver des organismes pour les héberger temporairement, certains ont pu trouver des locaux en attendant, d’autres ont dû se résoudre à entreposer leurs choses dans des conteneurs. Toutefois, malgré le tragique de la situation, le milieu communautaire a su démontrer ce jour-là sa grande solidarité, sa capacité de mobilisation et son efficacité.

Les organismes communautaires occupent une place importante sur leur territoire d’action. Dans la MRC de Maskinongé, ils apportent du soutien à plus de 16 000 personnes sur une base annuelle. Par les spécificités de leurs actions, qui favorisent généralement une prise de conscience et une autonomisation des individus et des communautés, ils permettent une réelle transformation sociale. Ils sont complémentaires aux services publics, ils en favorisent l’accès par la référence et l’accompagnement qu’ils offrent à leurs clientèles, pour qui les modalités d’accès à ces services sont parfois rébarbatives.

Un peu plus d’un mois après la fermeture du centre communautaire, les organismes qui l’occupaient sont éparpillés ici et là. Les services se poursuivent tant bien que mal et les organismes mettent à profit la capacité d’adaptation et la flexibilité qui les caractérisent. Mais le lieu rassembleur qu’était le centre communautaire n’est plus.

Un centre communautaire est bénéfique pour le développement d’une municipalité, d’un territoire. Une solution doit être envisagée pour doter Louiseville d’un nouveau centre, et ce, dans les semaines ou mois à venir. Les organismes qui doivent encore se relocaliser ne déménageront sans doute pas deux fois. Un centre communautaire rassemble les citoyens et les organisations. L’accès aux services s’en trouve facilité et le sentiment d’appartenance décuplé.

Certains organismes couvrent l’ensemble du territoire de la MRC et d’autres, quelques municipalités. L’important est que les locaux soient adaptés aux besoins du milieu et aux ressources des organisations. L’enjeu de la mobilité et de l’accessibilité des services est la pierre angulaire de la relocalisation des services. Par exemple, la Ville de Louiseville possède un grand bassin de population et un indice socioéconomique démontrant un grand besoin d’accessibilité aux services en santé et services sociaux. Des besoins, il y en a partout. Trouver la solution idéale avec les ressources financières disponibles pour tous est complexe. Louiseville est donc un emplacement stratégique et le fait de regrouper les services au sein d’un même édifice apporte un net avantage.

La suite des choses est en grande partie une question de financement. Les organismes du centre communautaire avaient la chance de bénéficier de locaux dont le loyer était très bas.

La relocalisation vient chambouler les budgets et à long terme, cela pourrait avoir un effet sur les activités et les services offerts. Il reste que l’ouverture d’un nouveau centre communautaire est une chose, mais encore faut-il que les organismes aient les moyens de s’y installer, de participer à ce projet collectif. Tout dépendra des bâtiments disponibles et des soutiens financiers possibles.

Mais aussi de la volonté de chacun de conserver et même de bonifier le dynamisme socioéconomique de la MRC de Maskinongé. Les groupes vont avoir besoin du milieu pour la bonne suite des choses.