Ex-conseiller municipal du district de Marie-de-l’Incarnation et candidat défait à la mairie de Trois-Rivières, Jean-François Aubin prend la parole en tant que citoyen, en prévision de la présentation, lundi, du budget 2018 et du plan triennal d’immobilisations de la Ville.

Que devons-nous attendre du prochain budget de la Ville de Trois-Rivières?

Dans l’édition du "Nouvelliste" du 9 décembre dernier, nous apprenions que le conseil municipal adoptera le budget 2018 et le plan triennal d’immobilisations, le lundi 18 décembre à 16 h 30. Comme citoyens et citoyennes, à quoi devons-nous nous attendre de ce budget?

Ce que les médias mettent souvent en évidence c’est la hausse de taxe que nous aurons tous à payer, soit directement comme propriétaire ou indirectement comme locataire. Trois-Rivières étant une des villes où les taxes sont les plus élevées, il est évident pour moi que l’idéal serait qu’il n’y ait pas d’augmentation. Mais c’est peu probable. À tout le moins espérons que les débats de la dernière campagne électorale auront eu un effet et que cette augmentation soit de moins de 1 %. 

L’autre attente est que M. Lévesque, s’il est un homme de parole, respecte le seul engagement concret qu’il ait pris pendant la campagne, soit de permettre le paiement des taxes en trois versements, comme le font déjà plusieurs villes au Québec.

Mais il n’y a pas que ces deux points à surveiller. Il faudra regarder attentivement le plan triennal d’immobilisations. On y retrouve les investissements importants que souhaite faire le conseil municipal pour les trois prochaines années. En résumé, cela nous permet de savoir si les projets importants pour les Trifluviens s’y retrouvent… ou pas! 

En toute logique, on peut imaginer que le projet de nouveau Colisée va prendre une grande partie des sommes disponibles. Rappelons simplement que le financement de ce projet nécessitera un des plus gros emprunts jamais faits par le conseil municipal depuis 2001 si le projet se réalise tel qu’il a été prévu. Ajoutons à cela des coûts non couverts par l’appel de soumissions et de toute évidence, cela voudra dire plusieurs millions. Nous devons nous poser cette question fondamentale à mon sens: que restera-t-il pour les autres projets majeurs dans la ville?

Restera-t-il de l’argent pour les réparations essentielles prévues pour des rues comme Hertel ou encore Saint-Michel? Y aura-t-il de l’argent prévu pour régler le problème des refoulements d’égouts à Saint-Louis-de-France? Ou encore pour réaliser le projet de pont piétonnier près du fleuve dans le district de Chavigny? Sera-t-il possible de procéder au réaménagement de l’intersection face au IGA de Pointe-du-Lac pour la rendre plus sécuritaire? Y aura-t-il rénovation ou non de l’aréna Jean-Guy-Talbot? Est-ce que la Ville investira pour développer son réseau de pistes cyclables? 

Le projet de réaménagement de l’entrée de la ville par Saint-Roch sera-t-il abandonné? C’est à surveiller.

Ce qu’il faut retenir ici c’est qu’au-delà du fait que la population est divisée sur le projet du nouveau Colisée, le plan triennal d’immobilisations qui sera adopté lundi prochain devra aussi nous renseigner sur ce qui reste comme argent pour répondre aux autres besoins des citoyens de Trois-Rivières.

Pour les élus municipaux, faire un premier budget lorsqu’on vient d’être élu n’est pas simple et c’est un travail très exigeant. Souhaitons que les nouveaux conseillers aient pu y mettre «leur couleur» et refléter les préoccupations de leurs citoyens dans ces premières décisions majeures qu’ils prendront très bientôt. Après tout, quatre ans c’est trop vite passé.

D’ici là, restons vigilants.

Jean-François Aubin, citoyen

Trois-Rivières