Quand un malheur pouvait être punition divine…

OPINIONS / Mes lectures orientées souvent depuis deux ans sur le philosophe et homme de lettres Denis Diderot ainsi que sur son siècle, le 18e, m’ont permis de croiser une histoire qui nous offre des résonnances avec cette crise actuelle de la COVID-19. En tout cas, si autrefois, certains pouvaient interpréter les malheurs comme étant punition divine, il y en avait déjà d’autres pour appeler à l’usage de discernement…

Il appert qu’en 1755 à Lisbonne, au Portugal, survient un terrible tremblement de terre qui fera 50 000 victimes. Peu de temps auparavant, était revenu à cet endroit un jésuite d’origine italienne, le père Gabriel Malagrida, qui venait de passer trente ans au Brésil – alors une colonie portugaise – à évangéliser les Indiens.

Le père Malagrida interpréta le tremblement de terre (survenant le jour de la Toussaint) comme étant une punition divine contre l’impiété des gens et il se mit à la tête de processions faites de chants religieux. D’autre part, un puissant ministre du roi du Portugal, le marquis de Pombal, écrivit un petit texte intitulé Jugement sur la véritable cause du tremblement de terre, qui expliquait les causes naturelles de la catastrophe.

Mais, il appert aussi que le pouvoir royal soupçonna le père Malagrida avec deux autres jésuites et une partie de la noblesse, d’une tentative de renverser le roi du Portugal!

Si bien que quatre ans plus tard, en 1759, les jésuites furent expulsés du pays de même que du Brésil. Ils furent dénoncés comme étant de faux prophètes, des imposteurs, des hérétiques. Le père Malagrida sera brûlé vif avec quelque 70 autres prétendus conspirateurs deux ans plus tard.

C’est bien pour dire…

Réjean Martin

Trois-Rivières