Les ministres qui s’adressent ici aux lecteurs souhaitent que l’ensemble des intervenants de la société se prononcent sur l’importante de la presse locale et régionale.

Quand un défi devient une occasion pour les régions

Les auteures sont Marie-Eve Proulx, ministre déléguée au Développement économique régional, et Nathalie Roy, ministre de la Culture et des Communications et ministre responsable de la Langue française.

Groupe Capitales Médias (GCM) a déposé un avis d’intention pour se placer sous la protection de la Loi sur la faillite et l’insolvabilité. C’est un coup dur pour les régions et les travailleurs des médias de l’information qui y évoluent. Rapidement, notre gouvernement a annoncé un financement intérimaire de 5 millions de dollars sous forme de prêt afin de permettre la poursuite de la publication des six journaux appartenant à GCM. Un comité interministériel s’affaire également à préparer un programme spécifique d’aide aux médias. Parallèlement, les membres de la Commission de la culture et de l’éducation ont adopté un mandat d’initiative portant sur l’avenir des médias d’information et viennent d’amorcer leurs travaux.

La présence d’une presse locale et régionale professionnelle contribue au dynamisme et à la vitalité de toutes les régions du Québec. Les journaux sont importants pour la circulation de l’information et la préservation de la vie démocratique. C’est d’ailleurs l’un des principes fondamentaux qui guident les travaux de la commission. Néanmoins, nous sommes d’avis que la réflexion doit aussi se faire plus largement parmi les élus, les gens d’affaires et les citoyens de chaque communauté autour de la place qu’occupent les médias et l’information dans nos milieux de vie, la forme qu’ils peuvent prendre et les moyens d’assurer une couverture médiatique pluraliste à la grandeur du Québec.

Le développement des régions dépend nécessairement de leur capacité à innover et à mettre en place des moyens de prospérer. L’entrepreneuriat et la prospérité économique passent aujourd’hui par la création de solides partenariats et de maillages entre plusieurs secteurs d’activité (privé, coopératif, associatif, public, financier, etc.). L’industrie de la presse écrite n’échappe pas à ces nouvelles réalités. Des acteurs de milieux variés ont maintenant l’occasion d’imaginer de nouveaux modèles d’affaires viables, privés ou collectifs qui offriront une information objective et de qualité accessible à tous les Québécois.

Cette crise que traversent les quotidiens de GCM et qui secoue sérieusement les régions représente une occasion à saisir pour nous réapproprier notre vision de l’information régionale et la renouveler. Nous incitons donc fortement les acteurs de toutes les régions à s’approprier les enjeux concernant l’avenir des médias. Il est primordial que ceux-ci maîtrisent cette conjoncture et s’expriment face à cet important défi. Il en va de l’avenir de notre information, un des piliers de notre démocratie.