Selon l’auteur de ce texte, le dossier du Centre communautaire de Louiseville est un exemple de ce qu’il considère être un manque de vision et de leadership de la part de l’actuel maire Yvon Deshaies.

Quand on veut tuer son chien, on dit qu’il a la rage

OPINIONS / Le maire de Louiseville profite de toutes les tribunes pour répéter à qui veut l’entendre que le Centre communautaire sera démoli au cours de la prochaine année ou qu’il sera vendu à des intérêts privés. Sur les ondes de la radio communautaire 103,1, au lendemain de la fête du Travail, il a aussi mentionné qu’il n’était pas question que le conseil municipal entreprenne des démarches sur des projets récréatifs, notamment un boulodrome, une piscine ou un centre communautaire, d’ici la fin de son présent mandat.

Cette dernière déclaration a le mérite d’être claire. Elle confirme que, en ces matières, monsieur le maire manque de vision, qu’il n’est pas proactif, qu’il n’est pas à l’écoute des besoins des citoyens et de la Municipalité, qu’il a des problèmes au niveau de la communication, bref, qu’il est incapable d’exercer un leadership convaincant.

J’aimerais faire la démonstration de ce que j’avance en prenant le Centre communautaire de Louiseville comme cas d’espèce.

À peu près à la même date l’an dernier, le maire, suite à la recommandation d’une firme d’ingénierie, fermait «temporairement» le bâtiment abritant la bibliothèque municipale et plusieurs autres services communautaires en raison de fissures dans sa structure. C’est, à mes yeux, une des seules manifestations de leadership de la part du premier magistrat, en dehors d’un mandat donné aux experts en génie concernant une analyse des causes de cette fissuration et des recommandations sur les suites à donner.

Qu’aurait-il pu faire de plus?

D’abord, informer correctement la population de la nature réelle du problème. Combien de fissures comptait-on sur les murs intérieurs et extérieurs de la bâtisse? Étaient-elles concentrées à un endroit ou se retrouvaient-elles un peu partout sur les deux étages du centre? Quelles étaient a priori les appréhensions de la firme d’ingénieurs? Ensuite, l’informer aussi souvent que nécessaire sur l’avancement des travaux.

Quand il s’écoule un laps de temps entre l’annonce de la fermeture «temporaire» et la présentation des scénarios pour la suite des choses, on peut facilement conclure là où le bât a le plus blessé, c’est sur le plan de la communication. C’est un secret de polichinelle que la participation citoyenne n’est plus une marque de commerce chez les Louisevillois. Il y a une indifférence généralisée de la population envers les affaires de la cité. Se pourrait-il que cette démobilisation ait conduit, directement ou indirectement, les élus à être moins rigoureux et moins transparents dans le cadre de leurs échanges avec le «peuple»? À force de ne pas parler de quelque chose, les gens finissent par ne plus y penser!

S’il n’y a pas eu de grogne suite à l’annonce de la démolition prochaine du Centre communautaire, ça ne veut pas dire que cette nouvelle ne préoccupe pas la population. Mais, comme je le mentionnais plus haut, elle a perdu cette motivation de réagir et de dénoncer les inepties du conseil municipal.

En plus du mandat confié aux ingénieurs, la Ville aurait eu intérêt à demander à la direction du Service des loisirs et de culture de consacrer le temps requis pour faire face à la musique au plan politique. Est-ce qu’on l’a invitée, par exemple, à éplucher les répertoires fédéral et provincial des programmes de subventions en infrastructures, à élaborer des demandes en ce sens ou à colliger l’information pertinente pour préparer de futures rencontres entre la Ville et les ministères concernés par cette problématique tant au fédéral qu’au provincial? J’aimerais entendre que ce fut fait, mais j’ai la triste impression que ce ne le fut pas.

Tout compte fait, je dois conclure qu’on n’a pas mené cet épineux dossier comme il aurait dû l’être et c’est pour cela que j’affirme qu’il y a eu un manque flagrant de leadership à venir jusqu’à aujourd’hui.

Au cours des dernières semaines, on a fait largement état des coûts exorbitants des travaux de restauration ou de construction d’un nouvel édifice pour justifier la décision de démolir ce phare de la vie communautaire à Louiseville. Outre les coûts invoqués, on a parlé de la présence d’amiante dans les murs et les plafonds de la bâtisse, de son état général, de sa localisation peu optimale et des effets de l’incendie. Tous ces prétextes me font penser à l’adage: «Quand on veut tuer son chien, on dit qu’il a la rage.»

Le maire a dit que c’était la fin du Centre communautaire, mais je crois sincèrement que la décision du conseil municipal pourrait encore changer si les citoyens décidaient de prendre la rue et de marcher sur l’Hôtel de Ville. La population va-t-elle se donner le droit de poser ce geste pour le mieux-être de Louiseville? C’est ce qu’on va voir au cours des prochaines semaines.

Michel Neveu

Louiseville