Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.

Quand on veut s’attaquer à un problème, il faut revenir à la base pour frapper encore plus fort

Article réservé aux abonnés
OPINION / Pessamit, le 14 décembre 2020

Kuei Marc-Alexandre,

Je n’arrête pas de penser à notre dernière rencontre, précisément à la question que tu m’avais posée. À l’époque, je ne savais pas comment trouver les mots justes pour te répondre. Eh bien, deux ans plus tard, j’ai la clé de la porte de notre questionnement; la raison principale à la base du racisme. Tout est parti d’un livre que j’ai lu, s’intitulant Kuei, je te salue; conversation sur le racisme, un ouvrage qui fait écho à la volonté du gouvernement du Québec de modifier une partie de l’enseignement du système éducationnel québécois. En effet, pour Deni Ellis Béchard et Natasha Kanapé Fontaine, les auteurs du livre, le gouvernement est à la base du racisme, parce que c’est l’ignorance qui est le fondement de cette idéologie, et que c’est le gouvernement lui-même qui a créé ce manque de connaissances des allochtones envers les autochtones et vice-versa.

Le 14 décembre 2020, j’ai écouté les nouvelles de dix-huit heures, puis, plusieurs heures après, j’ai commencé à me poser la question suivante: comment peut-on baser nos croyances sur des faits qui sont faux et qui donnent toujours l’avantage à un groupe plutôt qu’à l’autre? Est-ce normal que dans tous les livres, depuis l’époque de la colonisation, l’autochtone est l’antagoniste des allochtones et qu’à chaque fois, ce sont ces derniers qui gagnent le «combat»? L’histoire et les médias sont à l’avantage de l’homme blanc et c’est cette raison qui permet au racisme de gangrener encore la société. Dans les livres du système éducationnel québécois, nous voyons seulement les autochtones comme des personnes étranges, nomades, des simples chasseurs-cueilleurs portant un chapeau de plumes sur la tête? Le pire dans cela, c’est que si jamais un élève n’a pas le même point de vue sur les autochtones que celui imposé par le cahier, il aura une mauvaise réponse! Il n’y a aucune place au dialogue dans les écoles québécoises. Nous sommes des humains aussi civilisés que les allochtones! Nous fréquentons les mêmes écoles, partageons les mêmes technologies, avons des maisons pareilles aux vôtres.

Pour moi, les livres sur les autochtones devraient être faits par les autochtones. De plus, le système éducationnel québécois devrait autoriser l’élève à émettre davantage son opinion. Cela lui permettra de comprendre qu’il a tort ou raison afin de pouvoir s’ajuster dans le futur.

Comment les personnes racistes peuvent-elles changer si on ne leur enseigne pas qu’elles ont tort et que la société les punies sur le champ? Dans les écoles, il devrait y avoir un cours servant à dialoguer entre apprenants sur de sujets tabous comme le racisme, la sexualité, la politique, etc. Pour ce qui est de la représentation des autochtones dans les livres d’histoire québécois, nous devrions rajouter une section traitant de leur vie contemporaine. Comment vivent-ils, pourquoi sont-ils si loin des allochtones, mais si près également? En faisant cela, nous turions le racisme par le dialogue et par des informations véridiques. Avec le temps, les mentalités racistes vont disparaître pour laisser place à des jeunes plus conscients de la réalité. Les gens seront prêts à dialoguer et surtout à accepter les futures erreurs qu’ils commettront.

J’espère qu’avec toutes les mesures qui seront mises en place au cours de la prochaine année, le système éducationnel québécois saura garder et mettre au goût du jour le cours d’éthique et culture religieuse, afin de pouvoir anéantir les causes du racisme entre les allochtones et les autochtones en faisant dialoguer les personnes entre eux et en faisant de ce cours un endroit où l’erreur est possible, un endroit servant à anéantir les bases du racisme.

J’ai bien hâte de réentendre ta voix parmi les lettres, mon cher ami. Ta présence me manque!

Iame uenepeshish, nuitsheuakan.

Gabrielle (nom fictif)

Marc-Alexandre Normandin

Étudiant en Sciences humaines administration bilingue au Collège Laflèche

Trois-Rivières