Quand les mamies et les papis affrontent la COVID-19

Carrefour des lecteurs
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Le Nouvelliste
OPINIONS / Un enfant nous est né. Juliette a plongé dans la lumière du monde après des heures et des heures de labeur. Sa maman et son papa sont heureux de leur petiote appelée à la lumière du printemps. Cependant,une longue chute de la normalité sera stoppée pour la majorité. Des enfants et des familles naissent malgré la «fameuse courbe du virus». Ces petits bébés poussent de leurs vagissements la nuit de la pandémie. Ils seront des battants dont on parlera longtemps!

Je souhaite aux nouvelles familles du bonheur à profusion. Je vous prends dans mes bras et vous embrasse du fond de mes soixante-onze ans. À vous de transmettre l’amour, la tendresse et la douceur d’un vivre ensemble. Au nom du monde entier, j’accueille sous nos ciels embrumés la vie neuve qui vit envers et contre tout.

Vous arrivez au grand jour dans un monde qui, en entier, se bat. Une pandémie chamboule nos vies. La solidarité et les bonnes pratiques sanitaires sauvent des vies, surtout celles des mamies et des papis.

Nos espaces, publics autant que privés, confinent les petits, les sans voix sans papiers, les familles heureuses, les chagrinées, celles en difficulté, les aînés, sont pour un bon moment restreints. Cet événement mondial atteint sans distinction nos petits monde sans ressources et les plus grands qui protègent leur biens dans le pouvoir et l’argent.

Où sont les milliards entassés par les riches dans cette pandémie? Nos gouvernements sont au rendez-vous: un grand et profond merci. Mais, où sont les Costco, les Amazon, les Google, les Walmart, les Netflix, les Google occupés à compter leurs sous, nos sous? Occupés à donner bien peu de leurs superflus. Où sont les milliards de profits? Où êtes-vous? Votre silence est scandaleux. Ici au Québec, au Canada, et partout la bataille tue et fragilise tant!

L’autre jour, j’ai entendu la peur et la violence marcher dans la rue. Deux enfants en silence à quatre mètre d’un père et d’un bébé qui hurlaient. À deux ans on a faim de tout, et on le pleure! Un papa aux gros bras bardassait la poussette. Une maman derrière, à la traîne, la tête courbée pitonnait un téléphone. Elle n’entendait pas, elle n’entendait plus, sans doute vaincue par l’avidité de la COVID-19.

De nombreuses familles n’ont plus les moyens de s’en sortir. Elles ont faim de tout. L’insécurité donne de gros bras... violents, colériques. Victimes d’un système qui les a laissés à eux même des années durant, leurs portes sont closes sur des drames honteux. Le cœur n’a plus le courage de protester.

Mais, où sont les voisins? Sourds à la vraie misère, à l’incapacité de nourrir et d’apaiser leurs enfants dans la dignité? Comment l’oreille peut-elle devenir sourde aux cris, aux pleurs et aux portes qui claquent d’impuissance? Ces familles sont aussi nos sans-logis. Seuls un toit et des portes les différencient des sans abris. Si tristes sont nos égocentrismes.

Nous les mamies, quand des enfants pleurent, ça nous serre le cœur. Nous les papis, quand des enfants se taisent, nos yeux se mouillent.

Diane Dupras

Trois-Rivières