Quand la police ne répond plus...

Dans le film russe absolument triste mais très bien réalisé qui s’intitule «Faute d’amour» et qui était à l’affiche tout récemment au Tapis rouge, une épreuve survient dans la vie d’un couple en voie de régler leur séparation: leur fils unique d’une dizaine d’années disparaît. Peu après, un agent explique à ce couple que la police ne va pas beaucoup les aider à retrouver l’enfant et qu’au mieux, celui-ci peut en cela demander l’aide d’un organisme formé de bénévoles.

Eh bien, c’est à ce film, à cette situation passablement aberrante, que j’ai un peu pensé en apprenant dans Le Nouvelliste du vendredi 23 mars dernier que les agents de la Sécurité publique de Trois-Rivières invitent dorénavant le public à ne plus les appeler en cas d’accrochage mineur avec leur voiture; de remplir simplement un constat amiable et merci bonsoir.

Bon, il faudra «faire avec», comme le dit l’expression…

Mais voici que dans la veine d’une certaine révision que l’on semble faire de la pertinence de l’intervention policière à Trois-Rivières, il a bien fallu que je me souvienne après de l’anecdote suivante.

Il appert que levé très tôt un matin, il y a environ un mois, j’ai été surpris de voir qu’au guichet automatique de la caisse Desjardins du centre-ville, quelqu’un tout au fond était en train d’y dormir.

Prenant soin de régler ma transaction dans le silence pour ne pas éveiller le ou la «pensionnaire» et me dirigeant ensuite au nord de la ville, l’idée m’est venue soudainement d’en aviser la Sécurité publique au poste du boulevard des Forges.

Quel ne fut pas mon étonnement de me faire répondre par l’agent qui était alors en service qu’il s’agissait là d’une situation à peu près courante et qu’il fallait simplement compter sur la lumière du jour imminente pour souhaiter que le dormeur s’éveille naturellement et s’en aille.

Me faire répondre, en fait, que l’intervention policière n’était pas requise…

Avis à tous donc: voilà où nous en sommes…

Réjean Martin

Trois-Rivières