Qu’adviendra-t-il de Marguerite Blais?

OPINIONS / Avant le point de presse quotidien du premier ministre Legault lundi dernier, un journaliste a précisé que la ministre responsable des Ainés, Marguerite Blais, ne voyait pas la nécessité de se présenter afin de donner des explications sur ce qui se passait dans les CHSLD et autres résidences pour personnes âgées, mais qu’on l’aurait «invitée» à venir quand même...

Contrairement à son assurance habituelle avec son grand sourire, elle était recroquevillée sur elle-même et semblait craintive vis-à-vis les questions qu’on pourrait lui poser. Effectivement, à la première question d’un journaliste qui lui demandait si elle était au courant de ce qui se passait dans ces CHSLD et résidences, elle a été sur la défensive en disant qu’elle a toujours eu à coeur le bien-être des personnes âgées et ce, depuis 1979, qu’elle était allée en politique sachant très bien que les politiciens sont souvent attaqués. Là n’était pas la question.

Afin dêtre plus explicite, une deuxième question lui fut posée à savoir ce qu’elle y avait découvert. Selon elle, des changements avaient été suggérés et exécutés pas la suite... que des enquêteurs visitaient tout au cours de l’année ces endroits pour des raisons que l’on ne connaît pas. N’eût été des interrogations des familles affligées par le décès de l’un des leurs, on n’aurait jamais su ce qui s`y passait. Le citoyen ordinaire peut aussi se poser des questions sur ces enquêtes. Peu importe que ce soit au sujet des CHSLD, des résidences privées subventionnées ou non, la loi doit être la même pour tout le monde.

Comment ces visites des enquêteurs sont-elles faites? Est-ce qu’on prévient d’avance leurs visites? Ou si on arrive à l’improviste? La différence est grande. Si les dirigeants sont prévenus, ils ont le temps d’embellir leur environnement, personnel souriant même si leur tâche est difficile et peu payée, sans oublier qu’on les a peut-être prévenus de ne pas s’ouvrir la bouche aux questions demandées. Si une visite est faite à l’heure du repas, on aura certainement mis une table gastronomique et le lendemain, retour aux boulettes de viande. Quant à la salubrité des chambres, quand fait-on le ménage? Quand change-t-on les draps? Quand les personnes très âgées et handicapées sont-elles bousculées pour convenir aux règles de la maison et libérer au plus vite quelques employés pressés de finir leur quart de travail? Les enquêteurs ne sont pas là lorsque ces choses arrivent quotidiennement. Toutes les résidences incluant les CHSLD ne sont pas mal administrées; il ne suffit de quelques-unes et de savoir où elles se trouvent. De là le travail des enquêteurs.

Le même soir, à l’émission 24/60 animée par Anne-Marie Dussault, cette dernière a bombardé de questions la ministre Blais qui ne savait pas au juste quoi répondre et vraisemblablement, le courant ne passait pas entre les deux femmes. Après une quinzaine de minutes, la fin de l’entrevue fut abrupte.

La dernière question que l’on puisse se poser est la suivante: qu’adviendra-t-il de Marguerite Blais? Elle est loin d’avoir l’assurance de la ministre McCann qui n’a pas peur des questions.

Jocelyne Bruneau

Trois-Rivières