Selon l’auteur de cette lettre, la pyrrhotite est un autre genre de virus qui ne tue pas, mais qui détruit.
Selon l’auteur de cette lettre, la pyrrhotite est un autre genre de virus qui ne tue pas, mais qui détruit.

Pyrrhotite vs COVID-19

OPINION / Sans contredit, il est certain que la situation que traverse actuellement l’humanité est une catastrophe. Le coronavirus touche chacun des individus vivant sur cette planète.

Pour supporter un grand nombre de ses citoyens, d’organismes publics et privés, les dollars provenant de nos gouvernements pleuvent, et ce, à coup de milliards. Et c’est tant mieux dans la mesure où il y a un contrôle.

Dans la région, il y a aussi un autre virus. Celui-ci se nomme pyrrhotite. Il ne tue pas, mais il détruit. Détruit des solages et détruit les vies de plus de 4000 familles, et ce, depuis plus de dix ans. Plusieurs propriétaires ont fait faillite, plusieurs furent et en sont toujours malades, endettés ou encore trop désabusés devant les annonces de reports des procès et du remboursement tant attendu.

Face à l’ampleur de cette situation, vous savez comme moi que les sommes des gouvernements en soutien pour la pyrrhotite se font rares. Le ministre François-Philippe Champagne nous avisait en mars que les libéraux «avaient fait leur part» avec les 30 millions $ accordés (voir Le Nouvelliste, 28 février 2020). Uniquement en comparaison, les victimes de la pyrrhotite du Connecticut ont eu droit à une aide de 175 000 $ non remboursable par maison. Le gouvernement irlandais supporte jusqu’à 90 % des frais de réparation (voir Le Nouvelliste, 8 octobre 2019).

Donc la question se pose: pourquoi si peu pour la pyrrhotite ici? Pourquoi est-ce une histoire sans fin comparativement à la COVID-19?

Les analystes et agents de communication vous indiqueront que soutenir les victimes de la COVID-19 est plus payant pour le capital politique, plus glamour que de s’occuper de la pyrrhotite. On peut saupoudrer 400 à 500 millions $ par jour. Ces actes de générosité font la joie des médias, tabloïds et épatent les électeurs. Wow! Lui, il a de la drive...

Le cas de la pyrrhotite, c’est pas cool, c’est régional, ça touche pas le pays. Ça bouge pas du béton contaminé. Sauf que le dossier s’éternise. Je vous invite à consulter des événements parfaits pour la situation: voir les réactions envers les dégâts de la tornade à Gatineau (Ici Radio-Canada, 19 octobre 2018) ou encore, autour des inondations de Sainte-Marthe-sur-le-Lac (Le Devoir, 16 novembre 2019). Encore là, des millions en publicité gratuite.

Comme l’a si bien écrit Henri Queuille, homme d’État français: «La politique, ce n’est pas de résoudre les problèmes, c’est de faire taire ceux qui les posent.»

On me disait jadis que pour se débarrasser d’un problème, il faut se concentrer sur celui-ci et non pas le faire disparaître sous le tapis du salon.

Marc Bélanger

Victime de la pyrrhotite