L’auteur de cette lettre espère que les nouveaux élus du gouvernement fédéral s’impliqueront rapidement pour aider les victimes de la pyrrhotite.

Pyrrhotite et lendemains d’élections

OPINIONS / Les élections sont maintenant derrière nous et le portrait politique de la région s’en retrouve profondément transformé. Ainsi, une vague en pousse une autre et nous voyons quitter Robert Aubin et Ruth Ellen Brosseau qui ne furent certainement pas chassés pour manque d’ardeur au travail et d’implication. En tant que victime de la pyrrhotite, je salue leur contribution et les remercie de leur appui au fil des ans.

Cela étant, au niveau national, il ne faisait aucun doute que la lutte pour le pouvoir serait entre le Parti libéral et le Parti conservateur. Cependant, pour ce qui est de la Mauricie et de la crise de la pyrrhotite, cette campagne permet de tirer une conclusion très nette pour ces deux partis: il faudra plus que de vagues promesses de dernière minute pour les conservateurs et près de quatre ans de silence radio en ce qui à trait aux libéraux. D’ailleurs, entendre un candidat dire qu’il a beaucoup fait par le passé pour la pyrrhotite, c’est comme entendre le chef pompier se montrer satisfait d’avoir circonscrit les flammes dans le salon pendant que le brasier consume le reste de la maison.

Plus que jamais, pour obtenir le vote des victimes de la pyrrhotite, il faudra livrer des réalisations concrètes en ce domaine. Et ça tombe bien, la Coalition des victimes de la pyrrhotite représente avec rigueur, courage et conviction les victimes depuis plus d’une décennie. D’ailleurs, élus et candidats sont extrêmement chanceux de pouvoir s’asseoir avec cet interlocuteur dévoué, disponible, fiable et de bonne foi.

Les victimes aussi connaissent leur chance de pouvoir compter sur eux. Le fait que nous apprenions, en pleine campagne, que le fruit de leur travail a aidé nos voisins du sud à obtenir une aide radicalement supérieure à la nôtre, a marqué un point tournant dans toute cette saga. Lorsque M. Gélinas a déclaré qu’il était «écœuré de se faire niaiser», des milliers de gens ont partagé sa frustration et l’ont significativement exprimé. Rarement j’ai ressenti une telle fureur parmi les victimes depuis toutes ces années.

En bref, si j’étais un élu de la région, par surcroît à nouveau dans l’antichambre du conseil des ministres, je solliciterais rapidement une rencontre avec les gens de la Coalition afin de débuter ce mandat sur de bonnes bases avant la reprise des activités régulières.

À ce titre, le bond de 14 % du titre de SNC-Lavalin dès le lendemain de l’élection (plus de 35 % à ce jour depuis cette date) ne laisse aucun doute sur le fait qu’une entente sera négociée entre le gouvernement fédéral et la firme d’ingénierie.

Personnellement, malgré toute l’amertume que je peux ressentir envers cette société, je suis favorable à un règlement. Il serait inutile de punir des milliers d’employés à cause des agissements de patrons à l’éthique douteuse. Un règlement, assorti de conditions et pénalités sévères, me semble tout à fait acceptable dans les circonstances. Ainsi, une telle négociation permet de mettre beaucoup de chose sur la table.

Je plaide depuis six ans pour que les gouvernements incluent la pyrrhotite dans de telles négociations. Bien sûr, le processus juridique avancé complique un peu la situation. Toutefois, les gouvernements ne sont pas dépourvus de moyens quand vient le temps de créer des programmes et des lois complexes! Une solution est possible.

En bref, les victimes sont derrière la Coalition. Si les gens d‘affaires de la Mauricie se rangeaient aussi derrière cette dernière, il se pourrait fort bien qu’avec le concours des élus, il soit possible de tirer un trait sur la crise et de s’assurer que ça ne se reproduise plus.

Marc-Olivier Gagné

Victime de la pyrrhotite

Autrefois de Trois-Rivières