Il est assommant de constater l’absence d’engagements concrets en ce qui concerne la pyrrhotite depuis le début de la campagne.

Pyrrhotite: de qui les partis ont-ils peur?

Au crépuscule d’une campagne particulièrement serrée et dans une région qui pourrait faire la différence entre un victoire ou une défaite, il est assommant de constater l’absence d’engagements concrets en ce qui concerne la crise de la pyrrhotite.

Et ça soulève des questions.

La très grande majorité des candidats connaissent l’ampleur de la crise. Ils savent l’impact de cette tempête dans une vie. Ils savent que ce n’est pas notre faute. Au fil du temps, ils ont certainement discuté de la question dans leur caucus respectif. Force est de constater que la réceptivité des hautes instances n’est pas au rendez-vous.

Il est d’ailleurs très facile de constater l’attitude fuyante de certains élus qui siègent présentement.

Par exemple, alors animateur au 106,9 Mauricie, François Paradis, l’actuel député de Lévis, était un ardent défenseur des victimes de la pyrrhotite. Je l’ai moi-même entendu dire au micro que si les 4000 maisons devaient être réparées en même temps, les caméras du monde entier seraient ici et il y aurait une réponse gouvernementale digne des catastrophes naturelles. La semaine dernière, je l’ai abordé sur sa page Facebook sur la question.

Le silence. Pas de réponses, pas de j’aime, pas d’accusé réception.

Par ailleurs, je demeure maintenant dans la circonscription de Louis-Hébert. Lors de la partielle de l’automne dernier, un élu actuel de la CAQ faisait du porte-à-porte en soutien à la candidate locale. Je lui ai demandé la position de son parti sur le rapport Godbout concernant la fiscalité ainsi que sur la Commission de révision permanente des programmes. Il ne le savait pas. Il m’a donc demandé mon téléphone en promettant un retour d’appel avec les réponses. Alors, j’en profite pour demander la position de son parti sur la pyrrhotite. Après m’avoir lancé un regard interrogatif, il m’a plutôt demandé mon courriel… Quatre jours plus tard, j’ai reçu un courriel qui mentionnait que la CAQ voulait redonner 1000 $ aux familles et un lien vers un communiqué (laconique) sur la pyrrhotite qui datait de plus d’un an… Un peu plus et il ajoutait que le message (et ses coordonnées) s’autodétruira dans dix secondes…

Finalement, au hasard d’un événement, je rencontre un député du parti libéral qui n’est pas de la Mauricie. Lors d’une brève discussion tout à fait cordiale, je glisse la pyrrhotite dans la conversation… Il est parti à une telle vitesse qu’il a sans doute éclipsé le record du 100 mètres.

De ces malaises, j’en arrive à la conclusion que les partis ne veulent, à aucun prix, approfondir la question de la pyrrhotite. Coup de chance pour eux, la crise disparaît graduellement des écrans. D’ailleurs, il en a été très peu question jusqu’ici dans la campagne, malgré la tenue du premier colloque international sur la pyrrhotite, tenu à Trois-Rivières! De qui, de quoi, ont-ils peur? Qui tente-t-on de protéger? Ces questions se posent. Surtout aux meneurs de la course selon les sondages, soit la CAQ et le Parti libéral. D’ailleurs, Philippe Couillard était en Mauricie cette semaine. De toutes ses priorités pour la région, rien sur la pyrrhotite. Pourtant, il reste tant à faire...

Chers candidats, chers partis, vous désirez me prouver dans l’erreur?

Je ne demande que ça. C’est pourquoi je serai, ce samedi, au rassemblement organisé par la Coalition des victimes de la pyrrhotite, afin d’entendre vos engagements concrets sur la crise de la pyrrhotite.

Dans la mesure où la crise de la pyrrhotite pourrait devenir la question de l’urne en Mauricie, votre présence et vos engagements pourraient bien être déterminants pour votre avenir politique.

Marc-Olivier Gagné

Victime de la pyrrhotite