Manifestation en appui aux travailleurs de l'ABI le 25 mai dernier.

Prosyndicat ou anti-Legault?

OPINIONS / En réaction à la lettre d’opinion de Martine B. Côté intitulée «Une marche qui suscite des réflexions», publiée dans notre édition du 28 mai dernier.

La récente manifestation pacifique à Bécancour témoigne bien de la conscientisation populaire face au lourd dossier qu’est le conflit à l’aluminerie. De fortes sommes d’argent se perdent chaque jour chez nous et l’inquiétude est réelle quant à la reprise future des opérations. Toute la population mauricienne se sent concernée. Toutefois, les élans trop émotifs, voire agressifs, ne sont pas nécessaires. De plus, les montées de lait imputables à la partisanerie politique ont plutôt mauvais goût.

Le 28 mai dernier, dans cette même page, une Montréalaise probablement anti-caquiste s’en est prise vertement à M. Legault qu’elle accuse d’être indifférent face à ce difficile dossier. Le chef de la CAQ prendrait plaisir, écrit-elle, à tourner la population contre les travailleurs en lock-out.

Un instant madame. François Legault n’a pas été tendre à l’endroit du syndicat en place, c’est vrai. Mais son objectif n’était sûrement pas de détruire l’un pour valoriser l’autre. Ce serait simpliste et fort surprenant de la part d’un homme qui maintient une forte cote de respect depuis les dernières élections en dépit de problèmes énormes auxquels il doit faire face (inondations, etc.)

Mme Martine B. Côté peut être solidaire du syndicat et adepte d’une autre formation politique mais pour justifier son agressivité, encore faudrait-il qu’elle connaisse l’ABC du conflit en cours, notamment les écarts à la table des pourparlers. Étant moi-même un ex-officier syndical et un ex-employé cadre dans une usine de Shawinigan, mes préoccupations pour les travailleurs de l’ABI et la santé économique de la région sont sincères, mais les accusations à l’emporte-pièce ne font pas partie de mes réactions. Tout en précisant que je ne souffre d’aucune partisanerie politique, je me laisse tenter par une question à l’endroit de cette Montréalaise qui accuse notre premier ministre: est-ce vraiment une bonne idée que vous avez eue, madame, de manifester avec un enfant de 16 mois dans vos bras?

Roger Matteau

Shawinigan