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Photo : sylvain mayer Alexandre Ollive
Photo : sylvain mayer Alexandre Ollive

Promouvoir l’achat local, vraiment?

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OPINION / L’auteur, Alexandre Ollive, est directeur général de Groupé Mauricie+Rive-Sud. Il réagit ici à l’article de Martin Lafrenière intitulé «Entreprise Prémont écartée au profit d’un produit chinois», publié dans Le Nouvelliste du 3 mars dernier.

Depuis le début de la pandémie, le Gouvernement du Québec crie haut et fort qu’il faut promouvoir l’achat local et remplacer les produits «faits en Chine» par des produits «faits au Québec».

À la lecture de l’article paru le 3 mars dans Le Nouvelliste intitulé «Entreprise Prémont écartée au profit d’un produit chinois», on ne peut qu’être surpris que le Gouvernement du Québec priorise une entreprise distributrice de masques en provenance de la Chine, plutôt que de soutenir une entreprise de Louiseville qui conçoit et fabrique le même type de masques, ici, chez nous, et ce, pour une différence de quelques sous!

La crise sanitaire nous confirme depuis plusieurs mois qu’il faut renforcer notre indépendance en fournitures médicales et développer une expertise québécoise. L’Entreprise Prémont de Louiseville aurait pu fournir 2,9 millions de masques à fenêtre transparente destinés aux éducateurs en garderie.

En octroyant le contrat au plus bas soumissionnaire, sans tenir compte de l’endroit où sont produits lesdits masques, le gouvernement envoie le message contraire.

Outre les investissements à risques de plusieurs millions de dollars pour concevoir ce masque par la PME régionale, la situation est aussi nocive pour toute l’économie québécoise.

C’est finalement l’entreprise MedSup qui fournira le gouvernement, puisqu’ils offrent le produit fabriqué en Chine pour 5 cents de moins le masque. Pourquoi? Parce que les appels d’offres sont basés sur la stratégie du plus bas soumissionnaire, soit, le prix le plus bas. Ça doit changer!

La règle du plus bas soumissionnaire doit être modifiée pour les produits manufacturés ou pour des situations d’urgence sanitaire comme celle que l’on vit actuellement.

Il faudrait prioriser dans les appels d’offres les produits «faits au Québec» ou accorder des points supplémentaires dans la grille d’analyse pour ceux-ci. Cela nous permettrait certes de contribuer à la relance économique du Québec tout en fournissant des produits de qualité supérieure à ce qu’offre le marché chinois.

Dans un contexte de relance économique, où plusieurs de nos entreprises locales ont été durement touchées par la crise, il est important plus que jamais de prioriser l’achat local.

J’espère de tout cœur que le Gouvernement du Québec pourra soutenir d’une bien meilleure façon le Québec Inc. dans ce contexte de crise pandémique. Il doit montrer l’exemple!

Ensemble contribuons à la relance économique du Québec!