Pour l’auteur, le citoyen est et doit demeurer un acteur majeur du développement économique local et un intervenant direct de l’amélioration des conditions sociétales.
Pour l’auteur, le citoyen est et doit demeurer un acteur majeur du développement économique local et un intervenant direct de l’amélioration des conditions sociétales.

Progrès économique et progrès social: un seul et même objectif

OPINION / L’auteur Mario De Tilly est directeur général, Innovation et Développement économique Trois-Rivières

Alors que les différents paliers gouvernementaux s’affairent à concocter des mesures de déconfinement et de relance économique à la suite de l’importante crise sanitaire planétaire, il est rassurant de constater une volonté affirmée de la population d’y participer activement. Cette motivation manifestée tant dans les médias conventionnels que dans les médias sociaux prend sans doute sa source dans le principe que le développement économique doit obligatoirement se faire dans l’esprit du progrès social.

Mais qu’en est-il du progrès social? Encore faut-il se rappeler que les plus grands progrès sociaux obtenus à ce jour ont été possibles grâce au rehaussement du niveau de vie en général, lui-même fortement tributaire du développement économique. L’action sociale et les négociations syndicales, particulièrement dans les années cinquante à soixante-dix, ont généré une meilleure santé économique à bon nombre de citoyens. Plus près de nous, le respect de l’environnement, la lutte aux changements climatiques et le développement économique axé sur le développement durable et pérenne représentent les nouveaux paradigmes de l’essor des collectivités.

Voilà pourquoi la stratégie économique de Trois-Rivières, dévoilée en décembre dernier et bâtie à la suite de consultations auxquelles ont participé plus de 900 personnes, a comme toile de fond le développement durable. Ainsi, deux axes principaux ressortent de cette stratégie, soit une croissance économique conforme et fidèle à la notion de développement durable et l’accent sur l’innovation et la créativité. Cette stratégie a été présentée au conseil municipal et à la communauté trifluvienne lors d’un grand événement auquel ont participé plus de 200 acteurs socioéconomiques.

Pour moi, le progrès social est la recherche de l’amélioration des conditions de vie de nos citoyens. Cette notion contemporaine peut se présenter sous diverses formes, dont prendre le pouls des intérêts de la population via une capacité de discussion entre les groupes aux intérêts divergents. Notre action doit se manifester par une augmentation du confort général, l’amélioration des conditions économiques et, par le fait même, l’intégration de tous, l’élimination des exclusions et la fin du rejet des minorités.

Nous entendons également susciter l’engouement pour l’achat local et éviter la consommation délétère de produits à obsolescence planifiée. Le citoyen est et doit demeurer un acteur majeur du développement économique local et un intervenant direct de l’amélioration des conditions sociétales.

Nous devons de toute urgence éviter l’emprunt culturel de notre économie et la concevoir en dehors des modèles proposés. Certains parleront d’américanisation de notre tissu social, de notre culture et de nos habitudes d’achat. Notre futur doit être discursif, se baser sur nos réalités culturelles et surtout mettre en exergue notre mieux vivre ensemble. Nos modes d’achat devront être conséquents en visant à séparer ce qui est bon pour nous et nos concitoyens d’une approche de consommation individualiste.

En bref, notre grand défi sera de limiter la montée du chacun pour soi et d’apprendre à mieux vivre ensemble. La balle est dans notre camp!