Prière de douter

En réaction à la lettre d’André Désilets intitulée «À propos du scepticisme», publiée dans notre édition du 14 août dernier.

Une lettre d’un lecteur, André Désilets, paraît dans Le Nouvelliste du mardi 14 août en réaction aux derniers mots du compte-rendu que j’ai produit le 11 août dans ce même Nouvelliste au sujet d’un livre du professeur émérite en physique de l’Université du Québec à Trois-Rivières, Louis Marchildon.

Que disais-je aux derniers mots de ce fameux compte-rendu? Que dans ce livre qui s’intitule L’effet SCIENCE (Éditions MultiMondes), les scientifiques disent ne voir aucun cas crédible, contemporain ou passé, de suspension des lois de la nature.

Autrement dit, comme le résumait autrefois le dictionnaire Littré: Quelques recherches qu’on ait faites, jamais un miracle ne s’est produit là où il pouvait être observé et constaté.

La science ne valide pas de miracle. Point.

Alors, me dis-je, il faut, tout au plus, douter en Dieu comme l’exprime la formule.

En tout cas moi, je suis agnostique. Et j’applique le pari de Pascal qui veut que si le paradis existe, on saura m’y accueillir par ce que j’aurai fait de bon sur la terre.

Mais si je comprends bien, monsieur Désilets, lui, voudrait que nous n’ayons pas le moindre doute parce que la science n’est la chose que de pauvres hommes et femmes qui n’ont pas, il est vrai, de facultés de voyance par exemple. Et de nous citer entre autres Claude Lévi-Strauss: «Rien n’a de sens que par l’homme, lequel n’a pas de sens.»

On sait bien qu’il y a des choses qui nous dépassent dans l’univers, dans la création, dans nos origines, etc.

La religieuse, dans le très beau film de Denys Arcand Les Invasions barbares, suggérait à un mourant de croire en lui disant ces simples mots: «Accepte le mystère».

Les cas de conflit entre la science et la croyance sont légion. Voici ce que disait Emma Darwin à son mari: «Mon cher Charles, il faut que vous soyez conscient qu’il y a des choses qui ne se livrent pas à la méthode scientifique.»

Je suggère amicalement à monsieur Désilets de faire preuve de modestie.

Réjean Martin

Trois-Rivières