André Desmarais et Paul Desmarais jr.

Power Corporation: la cible appropriée pour les retraités des journaux régionaux

OPINIONS / En voyant s’étioler leur fonds de retraite à la suite de la quasi-faillite de leur employeur, les retraités des journaux du Groupe Capitales Médias subissent une injustice inqualifiable.

Voici qu’ils se tournent maintenant vers leur ancien employeur, Power Corporation, celui-là même qui a fui ses responsabilités, en vendant ses journaux avant leur effondrement.

Cette cible est plus appropriée que de s’en prendre aux nouvelles coopératives, tout simplement parce que l’ancien employeur a les moyens de renflouer les fonds de retraite sans compromettre sa constante rentabilité.

Même si Power Corp n’a aucune obligation légale envers les retraités, l’entreprise a néanmoins une obligation morale.

On aurait tort de sous-estimer cette dimension.

En effet, les retraités des journaux régionaux ont contribué de façon substantielle à la prospérité de Power Corp et de la famille Desmarais. Comment? En faisant fonctionner des entreprises de presse qui constituaient le principal véhicule publicitaire de l’époque pré-Internet.

Les plus âgés se souviendront que les journaux de ce temps annonçaient tous les produits des commerces locaux et nationaux, des spéciaux des supermarchés aux nouvelles voitures de l’année. Les journaux étaient volumineux et la publicité y occupait 60 % de l’espace!

Power Corporation pourrait poser un geste de bonne foi, un geste de justice et de reconnaissance. L’entreprise l’a d’ailleurs fait pour les employés de La Presse, dont elle assume et gère le fonds de retraite malgré le changement de statut du journal, devenu un organisme à but non lucratif (OBNL).

En reconnaissant sa dette envers ses employés, parions que Power y gagnerait, encore une fois, sur les plans de l’image et de la réputation. Des concepts qui ont leur valeur dans le beau monde des affaires…

René Lord

Trois-Rivières