Pourquoi le crucifix de l’Assemblée nationale perturbe autant nos élus?

Les Grecs, très croyants, rendaient un culte à toutes leurs divinités, en premier lieu à Athéna qui donna son nom à la ville d’Athènes. Puis, dès les premiers siècles de notre ère, à la suite de la prédication de Paul, les Grecs se convertirent peu à peu au christianisme. Aujourd’hui, la majorité des Grecs est chrétienne.

Ils ont cessé de prier leurs dieux et leurs déesses. Ils n’en gardent pas moins un grand respect et une fierté légitime pour le Parthénon, temple païen et les statues d’Athéna qui leur rappellent les belles heures de leur passé «païen».

Au Québec, nous avons la mémoire courte et nous cultivons une honte morbide de notre passé chrétien. Pourtant les Trudel, Groulx, Vaugeois, Lacoursière et d’autres historiens honnêtes ont présenté ce passé comme un ensemble impressionnant, sans gommer les failles. Un passé qui constitue un précieux patrimoine à conserver et à apprécier.

Les Grecs d’aujourd’hui bondiraient si l’on osait déplacer une statue d’Athéna pour la soustraire au public. D’où vient que ce beau crucifix, témoin d’une autre époque, perturbe à ce point ministres, députés de tout acabit? Que faut-il augurer d’une telle panique sur la Colline?

Un malin dirait: ça prouve qu’au Québec il n’y a pas de tragédie dans la demeure! Tant mieux!

Jean Panneton, prêtre

Trois-Rivières