Pour une laïcité neutre et inclusive

Les auteurs, Vincent Bussières, Christine Cardin, Valérie Delage, Joseph Jean Rolland Dubé, Geneviève Hudon, Sophie Marcouiller, Steven Roy Cullen et Hélène Vallée, sont délégués de Québec solidaire pour Trois-Rivières et la Mauricie.

OPINIONS / Lors du dernier Conseil national de Québec solidaire, des délégués de partout au Québec, dont une dizaine de la Mauricie, ont débattu sur plusieurs sujets, notamment l’application des principes de la laïcité. C’est par une très forte majorité que nous avons réaffirmé la position de Québec solidaire: c’est l’État qui doit être laïc, pas les individus.

Fidèles à nos valeurs d’égalité, de solidarité et d’inclusion, nous avons rappelé qu’aucune règle particulière sur les signes religieux ne devrait s’appliquer aux employés de l’État, peu importe la profession qu’ils ou elles exercent. Fidèles également aux valeurs du Québec, nous avons réitéré l’importance du respect des droits et libertés de toutes et tous. En 1975, soit sept ans avant que le Canada emboîte le pas, le Québec s’est doté de la Charte des droits et libertés de la personne. Celle-ci garantit, entre autres, les libertés de conscience, de religion, d’opinion et d’expression. C’est dans ce même esprit que les délégués solidaires ont débattu avec respect et civisme. Nous invitons tout le monde à faire de même pour le débat de société que pose le projet de loi 21 sur la laïcité.

Le devoir de réserve est un principe fondamental de la fonction publique que nous soutenons. Toutefois, des mécanismes sont déjà en place pour assurer la neutralité des fonctionnaires, autant pour des considérations religieuses que politiques ou financières. Par ailleurs, les citoyens ont des recours à leur disposition s’ils estiment qu’il y a eu manquement à cette obligation d’impartialité. La justice, en fait, ne doit pas laisser place à une justice d’apparence ou une apparence de justice. Le véritable danger auquel le Québec fait face est celui d’un cynisme alimenté par les inégalités sociales et économiques, ainsi que le sentiment d’exclusion, qu’il soit réel ou perçu.

Nous devons plutôt travailler à rétablir la confiance envers nos institutions, à recentrer le gouvernement sur son devoir de servir le peuple et répondre à l’urgence climatique plutôt que de se soumettre aux lobbies des pesticides et du géant Uber, pour ne nommer que ceux-ci. Car, la véritable menace pour nos droits acquis et pour notre identité en tant que peuple, c’est là qu’elle se trouve. C’est ensemble, tous unis, peu importe le sexe, la race, l’origine ou la religion, que nous pourrons surmonter ces obstacles et continuer à faire du Québec une nation forte, libre et fière.