Pour une information régionale diversifiée

OPINIONS / Depuis quelques décennies, Le Nouvelliste fait partie de ma routine quotidienne. Tout jeune, je me levais tôt chaque matin pour distribuer de porte en porte l’édition du jour du Nouvelliste.

Comme ancien professeur en communication et membre associé de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), j’ai eu la chance de voir à l’œuvre plusieurs journalistes et gestionnaires de l’équipe du Nouvelliste, ayant la préoccupation constante de maintenir une bonne qualité d’information, de rapporter les faits, de fouiller des enjeux complexes, ou encore de nous dresser dans un style d’écriture agréable le portrait d’individus impliqués dans les sphères artistique, politique, sportive, économique ou sociale de notre région. Être journaliste, c’est un peu être enquêteur des faits, mais c’est aussi être profondément humain, à l’écoute des autres, c’est être curieux envers de nombreux sujets qui changent quotidiennement en fonction de l’actualité.

Je les ai vus contribuer à la formation de la relève, encadrer des stagiaires et s’impliquer activement à la FPJQ, tout en défendant la liberté de presse et le droit du public à l’information et à la transparence des élus ou organismes publics.

En stage en journalisme radio à la défunte CKSM quand j’étais plus jeune, la première chose que l’on me demandait de faire le matin était de lire les journaux. C’est encore comme ça aujourd’hui. Les sujets qui sont discutés sur les ondes de vos stations de radio par les animateurs, ou rapportés par les journalistes, ont souvent d’abord été fouillés par l’équipe de notre quotidien régional. Si on trouve parfois nos informations régionales sur les réseaux sociaux, c’est souvent parce qu’elles ont d’abord fait l’objet d’un article de notre quotidien régional. Les journalistes des journaux traditionnels, parce qu’ils sont un peu moins dans l’urgence de l’info-en-direct, sont indispensables aux autres sources d’information.

D’autre part, des conglomérats médiatiques songent à acquérir Capitales Médias. Ceci réduirait incontestablement la diversité des voix et la liberté éditoriale dans une province et des régions où la concentration de la presse est déjà très importante.

Difficile de trouver une solution simple à un problème complexe. Il faut sans doute revoir le modèle d’affaires si l’on veut voir ce journal fêter son 100e anniversaire. Souhaitons que des groupes indépendants puissent être intéressés à reprendre Capitales Médias ou Le Nouvelliste.

David Longpré

Professeur

Collège Laflèche