Pour un grand prix plus grandiose!

Nous n’en faisons pas assez pour le Grand Prix de Trois-Rivières.

Nous avons manqué d’ambition en ne lui accordant qu’une deuxième fin de semaine.

Nous avons la chance d’en faire un projet encore plus grandiose en lui accordant deux mois complets: juillet et août. Tous les types de véhicules qui roulent dans le monde seront invités à venir rouler à pleine trombe dans les rues de la ville dans une atmosphère de fête perpétuelle du progrès technologique en matière de bruits assourdissants et d’émissions de dioxyde de carbone.

Trois-Rivières est déjà la capitale de la pollution au Canada. Sans faire d’efforts. Par cette belle autoroute qui traverse la ville de long en large. Et par notre papetière qui confère à notre belle ville ce parfum de progrès caractéristique qui rappelle que l’argent a une odeur. Pourquoi ne pas pousser plus loin ce titre? Pourquoi Trois-Rivières ne deviendrait-elle pas, l’été, en pleine canicule, par défi au genre humain et autres mammifères, la Capitale mondiale de la pollution?

Nous manquons d’ambition.

Il y a bien sûr beaucoup de bars et de restaurants aux noms accrocheurs sur des Forges. Je ne les retiens pas tous: Le Bordel, Le Tripot, Le Casino de la dernière chance, La Bizoune à l’air... Il ne manque que des maisons closes bien tenues ayant pignon sur rue. De plus, il y a beaucoup d’espaces à louer au centre-ville. Les vitrines des locaux vides sont déguisées de posters beiges d’artistes locaux drabes dénués de talent qui viennent tout juste de s’acheter Photoshop. On pourrait plutôt y mettre des travailleuses du sexe au sourire accrocheur de toutes nationalités afin de bien représenter notre diversité. Notre centre-ville serait bien plus animé. Le tourisme sexuel s’y ferait dans une atmosphère familiale.

La piste cyclable autour de l’amphithéâtre ne sert à rien. J’y vais souvent le matin et il n’y a personne. Pourquoi ne pas s’en servir pour des courses de motos? Imaginez le plaisir que les gens du monde entier auraient à regarder cette course tout en contemplant les motomarines faire du boucan près de la plage de l’île Saint-Quentin? Ce serait malade!

Franchement, tant qu’à polluer, soyons les meilleurs.

En ce moment, personne ne se plaint que le Grand Prix ait lieu à moins de 800 mètres du centre hospitalier régional de Trois-Rivières. Et même qu’on a bâti plein de maisons de retraités sur le boulevard des Forges, à 10 mètres de la piste de course!

Non, personne ne se plaint. Aucun manifestant. Trois-Rivières n’est pas Montréal. Un gogo de la gaugauche s’est fait arrêter en 2009 pour avoir troublé la paix publique avec sa petite pancarte où il parlait de pollution. En avez-vous seulement entendu parler, hein? Non. D’autres écrivent des lettres au Nouvelliste une fois par deux ans pour se plaindre mais personne ne les prend au sérieux. C’est toujours les deux ou trois mêmes chiâleux et ça n’a aucun impact sur le Grand Prix qui n’a même pas besoin de soigner son image publique.

C’est donc dire que nous avons l’opportunité de faire du Grand Prix de Trois-Rivières le plus fantastique événement sur Terre pour se gausser des changements climatiques, de la pollution, des piétons, des cyclistes et autres chialeux qui font de l’emphysème.

J’appelle le maire et les autorités gouvernementales à financer largement un Grand Prix plus grandiose!

Il faut oser bâtir ses rêves!

J’embarque pour un Grand Prix plus grandiose!

Et vous?

Gaétan Bouchard

Trois-Rivières