Pour protéger les acheteurs de propriété, on repassera...

C’est avec une grande tristesse que des milliers d’acheteurs de maisons et de condos se sont vu abandonnés par la ministre Lise Thériault en raison d’un projet de loi qu’elle devait déposer devant l’Assemblée nationale, et ce, avant les prochaines élections, afin d’établir des règles d’inspection pour protéger les acheteurs contre les malfaçons fort présentes dans les constructions.

Outre l’inspection obligatoire préachat, la ministre devait également mettre des règles permettant de protéger les milliers d’acheteurs de condos qui actuellement sont laissés à eux-mêmes dans ce nouveau mode d’habitation de plus en plus populaire, mais avec lequel ils sont peu familiers.

Partout, des condos allant de 4 logements jusqu’à d’immenses tours se lèvent sans trop de règles et de contraintes, et sont offerts à des acheteurs qui apposent leurs signatures sans trop savoir à quoi ils s’engagent, quelles seront leurs obligations et quels seront les risques après achat.

La ministre s’était pourtant engagée à mettre fin à ce rodéo qui, dans ce cas, blesse profondément certaines gens plutôt que les bêtes. Pourtant, le gouvernement libéral semble montrer plus d’intérêt à défendre les bêtes de rodéo que les gens qui font un des plus importants achats de leur vie, soit celui d’une propriété.

Des organismes ont déposé en grand nombre des pétitions pour que le gouvernement actuel se hâte à établir des règles pour protéger les acheteurs de maisons et de condos. Il est reconnu que presque un propriétaire sur sept habite actuellement dans des condos et ce gouvernement fait un pas de côté comme l’indiquent les manchettes des journaux du 24 mai.

De plus, le ministre Leitão a reçu des pétitions et des informations afin de cesser la discrimination fiscale des programmes de maintien à domicile pour les gens qui ont choisi de vivre en condo-services. Là c’est encore pire; ce n’est pas un pas de côté, mais l’ignorance la plus totale.

L’argent du peuple subventionne à coup de millions toutes sortes d’industries, de causes, mais on oublie que ce sont ces mêmes gens qui réclament une protection pour le plus important placement de leur vie.

Rappelons-nous, en octobre prochain, que les libéraux auront terminé la session en «flushant» carrément tous les petits propriétaires qui paient des taxes et des impôts et les laissent exposés, sans protection, devant les loups du monde immobilier.

Louis Perron

Trois-Rivières