L’auteure de ce texte, une étudiante au collégial, estime que les conditions de vie dans les réserves n’ont rien de réjouissant.

Pour les victimes du génocide culturel

Les autochtones vivant dans les communautés ne sont pas pour autant sortis de leur misère. Encore aujourd’hui, on peut observer certains comportements destructeurs pour soi et pour autrui. Des comportements tels que la violence, la consommation d’alcool et de drogues, le décrochage scolaire et bien d’autres. On pourrait encore blâmer les conséquences des pensionnats indiens et même se demander s’il y a vraiment une volonté de réconciliation tant chez les Premières Nations qu’au gouvernement. Personnellement, je ne vois pas vraiment de désir de réconciliation dans les deux côtés.

Les conditions de vie sont à plaindre dans les réserves. Beaucoup d’autochtones désirent sortir des problèmes découlant des pensionnats indiens. Il y en a qui sont incapables de passer à l’étape du désir de guérir, car ils sont pris dans le cercle vicieux où ça tourbillonne et ça tire vers le bas. Un rapporteur spécial de l’ONU, James Anaya, a visité les communautés autochtones en 2013 pour observer la situation des Amérindiens. Le constat était sévère puisqu’il y a une surpopulation dans les habitats, le taux de suicide est alarmant, un risque beaucoup plus élevé pour les femmes d’être assassinées, un taux d’incarcération inégalement élevé. Avant le dépôt du rapport de la Commission de vérité et réconciliation, beaucoup d’autochtones ont exprimé le doute sur la volonté de se réconcilier du gouvernement. La CVR a réveillé la colère intérieure chez une ancienne pensionnaire, le gouvernement continue de nier selon un autre autochtone. On peut comprendre qu’il y a un désir pour la réconciliation, mais on ne voit pas tant de résultats encore.

Bien qu’aujourd’hui il n’y ait plus de pensionnats, le dernier a fermé en 1996, les répercussions sont encore présentes. Beaucoup se plaignent encore des conséquences des pensionnats indiens parce qu’elles sont omniprésentes, mais ils ne font pas en sorte de s’en sortir. Donc, il y a encore beaucoup à faire pour arriver à une vraie réconciliation. Même après deux ans au pouvoir de Justin Trudeau, on parle encore de cette nécessité de réconciliation. Pour qu’il obtienne des votes de la part des autochtones lors des prochaines élections, il devra faire en sorte de mettre en place les quelques recommandations pour qu’enfin on voie une possibilité de réconciliation et qu’on ait encore confiance en lui.

Je suis dans la génération où j’étais observatrice des comportements autodestructeurs des gens de ma communauté. Adolescente, j’étais même influencée par les plus vieux (jeunes adultes). Je m’étais fixé un but dans la tête qui était de réussir mes études secondaires normalement, c’est-à-dire cinq ans. Ma communauté était touchée par le décrochage scolaire. Nous n’étions que trois filles en cinquième secondaire, et nous avons réussi. D’autres étudiants quelques années auparavant devaient aller en ville pour faire ce degré de scolarité. L’importance d’aller aux études a été primée dans ma famille.

Je suis parmi les personnes qui veulent une vraie réconciliation auprès des peuples autochtones avec le gouvernement. Parce que c’est assez de vivre ainsi dans ces trous perdus. Je veux du bien, du positif, de la vie pour les futures générations. La surpopulation dans les maisons doit être réglée, car élever un enfant dans une maison surpeuplée est difficile. Il y a différentes interventions dans les familles concernant l’éducation de leurs enfants.

Samia Flamand

Étudiante en Sciences humaines

Collège Laflèche

Trois-Rivières