Il y a 40 ans, on nous apprenait à l’Université de Sherbrooke, en administration option marketing, que la ville de Trois-Rivières était une ville avant-gardiste.

Pour l’année 2018, je nous souhaite de nous réveiller!

Il y a 40 ans, on nous apprenait à l’Université de Sherbrooke, en administration option marketing, que la ville de Trois-Rivières était une ville avant-gardiste. Les hommes et les femmes de Trois-Rivières donnaient l’heure juste à un entrepreneur quant à la mise en marché de son service ou de son produit.

À cette période, il y avait de bons emplois, principalement manufacturiers, dans notre région. Regardons des faits: le taux de chômage, en décembre 2017, était de 4,5 % à Trois-Rivières. En 2017, baisse de 4% de la population active. Au Québec, les champions de la pauvreté et de l’aide sociale sont Trois-Rivières et la Mauricie.

Alors qu’ailleurs on a dit: «dégage!», ici on piétine.

Depuis 2001, nous avons perdu 16 cohortes de jeunes partis pour étudier à l’extérieur et qui ont trouvé des emplois ailleurs. Une raison pour laquelle notre population vieillit.

Les politiques municipales depuis 2001 sont toutes orientées vers le tourisme. Comment le tourisme enrichit-il le citoyen et la citoyenne de Trois-Rivières? La réponse qui me semble la plus juste se dit comme suit: toi, citoyen, tu paies et tu ne reçois rien en retour. Brièvement, depuis 2001, on appauvrit notre population et on augmente ses obligations financières.

Notre maire ne regarde jamais l’empreinte écologique de ses décisions: en exemple, voyez la surface de pelouse sur le site de l’amphithéâtre. Il faut engraisser, arroser, et tondre (pollution par le bruit). Pour l’écologie, il faudra repasser.

Monsieur le maire nous parle qu’il nous faut plus de patinoires. Dès que le colisée sera terminé, il démolira un aréna au Cap qu’il a cessé d’entretenir afin de venir pleurer à la télévision pour dire qu’il n’y a plus rien à faire… c’est trop brisé.

Monsieur le maire a été élu avec l’appui de 23 % de la population. Le mandat est faible. Nous devrions exiger qu’il nous demande notre avis s’il a des projets comme un nouveau colisée… À 20 millions $ on peut accepter. Plus de 20 millions, avons-nous les moyens de nous l’offrir?

Nous savons aussi que lorsque monsieur Lévesque se lève le matin avec une idée, qu’il décide qu’il veut quelque chose, vite la pelle! On verra à mesure à la dépense mais il faudra finir…

Un dernier point m’inquiète aussi. C’est le projet District 55. Nous savons, le maire sait, les conseillers savent, que le terrain est marécageux. Le promoteur qui vient d’ailleurs (monsieur Lévesque est fou des touristes) peut négliger d’investir les sommes nécessaires à la préparation du sol avant de construire afin d’obtenir un prix de maison concurrentiel. Advenant cette possibilité, les maisons peuvent à plus ou moins long terme s’affaisser et je doute vraiment que l’acheteur en soit avisé à l’achat. S’il y a un développement sur ce terrain, nous serions responsables solidairement des coûts des réparations, nous savons que ce problème existe. Avons-nous personnellement les moyens de subvenir à cela? Nos taxes municipales sont dans les plus élevées au Canada. Les dettes de la ville nous appartiennent.

Désirons-nous un problème aussi important que la pyrrhotite mais plus grave encore parce que nous en sommes responsables malgré nous, à cause d’une décision d’un conseil dont les membres auront disparu alors?

Réveillons-nous et faisons en sorte qu’à Trois-Rivières, nous soyons la première ville du Québec à encourager les citoyens à une approche démocratique. Prenons nos affaires en mains, exprimons-nous, exigeons d’être écoutés, exigeons de la démocratie. Pensons à investir pour nous, nos enfants. Le tourisme viendra après. Exigeons du respect de notre maire.

Exigeons cela de notre conseil de ville.

Odette Gagnon

Trois-Rivières