L’auteur de cette lettre démontre, avec citations à l’appui, que le Coran n’oblige pas le port du foulard islamique aux femmes.

Pour en finir avec les signes religieux

Permettez-moi de me référer à un texte que j’avais écrit il y a près de cinq ans sur le voile islamique.

Ce texte disait en substance que d’après les deux seuls versets (sur les 6236 du Coran) qui parlent de la tenue vestimentaire des femmes, il est clair que le Coran n’oblige pas le foulard islamique. Citons-les: «Ô Prophète! Dis à tes épouses, à tes filles, et aux femmes des croyants, de resserrer sur elles leurs robes: c’est pour elles le meilleur moyen de ne pas être offensées.» (Sourate 33, verset 59). «Dis aux croyantes de baisser leurs regards, de garder leur chasteté, […] et qu’elles rabattent leur robe sur leurs poitrines…» (S. 24, v. 31).

Analysons. Il n’est nullement question de voile dans les deux versets. C’est plutôt des recommandations quant au comportement et l’attitude. On demande à la femme de s’habiller avec modestie afin de protéger sa pudeur. L’expression «serrer la robe sur leurs poitrines» peut être traduite comme une exhortation à cacher la naissance des seins en évitant les décolletés plongeants… Cela élimine la croyance que le voile soit obligatoire. Donc, le Coran ne l’oblige pas, le port du voile n’est donc pas un absolu.

Historiquement, ce sont les femmes chrétiennes dans les pays musulmans qui se couvraient la tête d’un foulard ou d’une mantille en l’absence d’un chapeau, quand elles allaient à l’église. Et c’est seulement dans les années 1980 que les femmes musulmanes ont commencé à le porter à leur tour, alors que les femmes chrétiennes pouvaient entrer à l’église tête nue.

D’autre part, il me semble raisonnable d’affirmer qu’occuper un emploi dans la fonction publique comme représentant de l’État «laïque» ne concorde pas avec l’affirmation ostentatoire de ses croyances religieuses et que la revendication du port du voile n’est ni plus ni moins qu’une invention de certains imams fanatiques ou intégristes prétendant à tort que le port du voile est d’autorité divine. Alors allons-nous nous laisser influencer et berner dans notre prise de position pour la laïcité face à la revendication du «voile» de certaines musulmanes abusées sur l’obligation de son port?

Le foulard ou le niqab nous nargue, il veut dire «je suis différente et n’accepterai jamais l’intégration.» Comme il n’y a pas de réglementation au Québec sur les signes religieux au travail, les musulmans exploitent le vacuum, la tolérance du gouvernement qui ne légifère pas. Le proverbe arabe suivant illustre bien la situation: «On l’a laissé tout faire, et il s’est permis d’entrer chez nous avec son âne.» Quelle ironie!

Avec le temps, certaines pratiques et signes religieux, certains accommodements voire certains accoutrements dépasseront notre seuil de tolérance et brimeront notre liberté collective. Charles de Gaulle avait pressenti ce danger en parlant de la communauté musulmane: «Mais il ne faut pas qu’elle vienne chez nous pour imposer ses mœurs.»

Il faut donc avoir le courage d’expliquer, avant qu’il ne soit trop tard, qu’il leur faut respecter la déclaration sur les valeurs communes qu’ils ou elles ont signées, expliquer aussi qu’il leur faut s’adapter aux réalités de leur nouveau pays. À commencer par l’embauche. Donc, pas d’embauche dans un emploi de la fonction publique si elles tiennent à porter des signes religieux ostentatoires. L’employeur a le droit de réglementer à l’embauche. Si une entreprise exige le costume et la cravate ou un uniforme, l’employé va se soumettre. Il est certain que les femmes musulmanes devront obtempérer devant les diktats d’un employeur sérieux et ferme. Ce sera le premier pas pour un meilleur vivre-ensemble.

Roger Greiss

Shawinigan