Pour en finir avec la haine

J’écris ce court article en espérant clarifier une position que plusieurs décrient comme étant raciste.

Dans la foulée des derniers événements, nombreux sont ceux et celles qui se portèrent à la défense du port de signes religieux dans la fonction publique en traitant les opposants de racistes, bravo à eux. Comme toujours, leur étroitesse d’esprit m’a grandement affligé.

De nos jours, il est assez simple d’accuser quelqu’un de racisme, on l’emploie à toutes les sauces. Dès que quelqu’un ose élever la voix pour critiquer, on le rabroue sous une pluie d’insultes et de commentaires désobligeants.

Voilà les effets du multiculturalisme à la Trudeau. Il n’y a plus de place pour la défense de ses opinions.

En surface, le débat sur le port de signes religieux dans la fonction publique semble bien simple. Mais une fois que l’on creuse un peu, on s’aperçoit bien rapidement qu’il est beaucoup plus complexe qu’il peut sembler l’être.

Surtout dans notre contexte, nous, Québécois, qui avons dans un mouvement de libération, sacré le clergé en dehors de nos établissements publics. Ce n’est pas pour rien qu’une bonne partie de la population n’est pas chaude à l’idée de voir des employés de la fonction publique porter un vêtement ou quoi que ce soit d’autre, d’affilier de près ou de loin à une religion.

D’un autre côté, est-ce vraiment dérangeant qu’une policière vous aborde avec son hijab et qu’un infirmier vous soigne avec son turban?

Non, vraiment pas.

Par contre, il faut comprendre que le Québec est laïque et que ce statut a été durement acquis pendant la Révolution tranquille. Il est donc évident que certains d’entre nous craignent de voir ce combat être vain. Pour eux, les gains obtenus à la suite de la Révolution tranquille en matière de laïcité seraient perdus.

Ainsi, cela me choque de voir des gens réclamer la tête d’un individu simplement parce qu’il ou elle a osé défendre sa vision d’un Québec laïque. Sauter à la gorge des gens ne sert à rien. Il faut à tout le moins avoir pris, au préalable, un moment afin de bien réfléchir au contexte entourant le débat.

Bien évidemment qu’il y a du racisme au Québec, mais avant de pointer du doigt, il est du devoir de chaque individu de réfléchir sur les raisons qui ont mené ce type de réflexion.

Est-ce raciste de vouloir préserver la laïcité des institutions de son pays?

Samuel Rompré

Étudiant en anthropologie

Trois-Rivières