Les auteurs de cette lettre estiment que tous les citoyens ont droit à des soins de santé respectueux et de qualité.

Pour des soins sécuritaires et de bonne qualité

Ce texte a pour but d’inciter la population de la région de La Tuque à exiger de recevoir des soins sécuritaires et de bonne qualité au même titre que les gens qui habitent dans les grandes villes.

À travers notre histoire, les gens se rendront compte très vite que ce n’est pas le cas des soins au Centre hospitalier de La Tuque. Voici donc les événements malheureux qui se sont produits entre le mois de décembre 2017 et d’avril 2018.

Suzanne Bélanger a été hospitalisée à trois reprises au Centre hospitalier de La Tuque du CIUSSS–MCQ pour plusieurs symptômes mais aussi pour une diarrhée persistante. Il y a eu une mauvaise prise en charge de la diarrhée persistante de la patiente autant par l’équipe médicale que du personnel infirmier, provoquant chez elle un état de déshydratation et de dénutrition sévère. Lorsque l’équipe médicale a commencé à réagir les 13 et 14 mars, elle était dans un état moribond.

Un autre événement très déplorable est le fait de ne pas avoir pu obtenir en situation d’urgence une coloscopie pour établir un diagnostic dû à une mauvaise organisation médicale chez une patiente en détérioration générale sévère. Cela a été causé par des mésententes entre médecins:

1) Le médecin de garde au département jugeait que la coloscopie était très urgente;

2) L’anesthésiste de garde refusa de faire la coloscopie sous prétexte qu’il doit faire sa clinique de la douleur et que selon lui, le cas de Suzanne Bélanger n’est pas si urgent même s’il ne l’a pas rencontrée;

3) Le DSP a été contacté par les médecins mais a manqué de clairvoyance dans le dossier;

4) Le ou la chirurgien(ne) a erré dans son diagnostic.

Malgré les nombreux téléphones du médecin de garde à l’interne et finalement à Trois-Rivières, la coloscopie aura lieu 48 heures plus tard lors du changement d’anesthésiste de garde. À la suite du diagnostic de colite inflammatoire sévère avec un danger de perforation intestinale combiné à la détérioration de l’état de la patiente, elle fut transférée en urgence au CHAUR de Trois-Rivières moins de 24 heures après la coloscopie, c’est-à-dire dimanche matin le 18 mars. Avant le transfert, le médecin de garde ausculta Suzanne Bélanger et la trouva très confuse et moribonde, ce que les tests sanguins confirmaient aussi. Alors il a pris les mesures requises afin qu’elle soit encore en vie à son arrivée à l’hôpital de Trois-Rivières.

À travers cette malheureuse expérience, nous tenons à souligner certains comportements inadéquats et inhumains de quelques membres de l’équipe médicale. Certains médecins étaient au courant du problème de diarrhée depuis le mois de décembre et ils n’ont rien fait. Les interventions médicales ont débuté par un dépistage du Clostridium difficile seulement à la fin du mois de janvier. Même durant et après le traitement contre la C difficile, Suzanne Bélanger a continué à avoir de la diarrhée et à se détériorer physiquement. Avant que l’on intervienne, il a fallu qu’elle se retrouve dans un état critique et précaire.

Il y a aussi certains comportements et attitudes que l’on retrouve à l’urgence, notamment un grand manque de respect et d’empathie envers la patiente. Lors d’une visite à l’urgence, le médecin de garde évite le conjoint et lui fait clairement comprendre de se la fermer avec une attitude arrogante et de plein pouvoir. Le conjoint voulait simplement lui remettre certaines informations pertinentes concernant l’état de santé de Mme Bélanger, qui n’était plus en état de répondre aux questions.

Lors d’une autre visite à l’urgence, on constate que le médecin de garde a quitté son poste pour aller faire un accouchement et cela sans s’assurer qu’il soit remplacé, laissant plusieurs patients en attente pendant plusieurs heures. Selon les infirmières, c’est une pratique courante et tolérée pour ce docteur.

La direction est au courant que la chambre 210 est inadéquate et continue quand même à y admettre des patients. Cette chambre dégage de l’air frais et parfois impur directement sur le malade. Même après avoir fait plusieurs plaintes, rien n’a été fait.

Pendant plus de trois ans, la direction tolère l’absence de rampe pour les fauteuils roulants afin que les patients handicapés aient accès à deux médecins de famille qui eux aussi l’ont demandée.

On déplore le grand manque de communication et de soutien envers Suzanne Bélanger et la famille.

Nous considérons que si elle avait été prise en charge correctement dès le début des symptômes, on aurait pu l’empêcher de se retrouver dans un état aussi catastrophique.

Nous avons vu Suzanne Bélanger dépérir sous nos yeux, jour après jour avec un grand sentiment d’impuissance. Nous avons vraiment eu peur de la perdre et encore une fois merci au Dr Fadois, médecin de garde à l’étage pendant la dernière hospitalisation de cinq jours (13 au 18 mars) à La Tuque car sans lui, elle ne serait probablement plus de ce monde.

Les gens ont droit à des soins équitables et respectueux même s’ils habitent en région. Nous voulons que les choses changent et surtout inciter la population de La Tuque à prendre le droit de revendiquer des soins de qualité dans leur centre hospitalier.

De notre côté, nous avons déjà fait une plainte au Collège des médecins.

Suzanne Bélanger

Norbert Desbiens

La Tuque