Plus que jamais, la démocratie a besoin des journaux

OPINIONS / Notre quotidien qui fait partie du Groupe Capitales Médias, lequel est en difficulté, interpelle bien des gens des milieux d’affaires et des grands événements. Il m’interpelle aussi, le petit abonné depuis bien longtemps. On annonce que les six quotidiens du groupe, soit six des dix quotidiens publiés au Québec, sont en procédure de faillite. C’est une bien mauvaise nouvelle.

Selon mon opinion, ce qui a nui à ces quotidiens n’est pas exclusivement la faute aux médias sociaux qui bien souvent publient de la fausse information. Ce que je crois, c’est que pendant des années ces journaux étaient la propriété de Power Corporation ou de la famille Desmarais. On sait que ce monsieur détestait royalement René Lévesque et ces quotidiens étaient devenus des serviteurs du Parti libéral et la ligne éditoriale allait toujours dans ce sens. C’est aujourd’hui qu’on constate le prix à payer pour cette décision. Le groupe a été vendu à Martin Cauchon mais ça ne changeait rien à la mission.

Qu’importe, c’est du passé. Notre Nouvelliste est maintenant plus démocratique, les purs et durs ou les antinationalistes ayant quitté. On accepte maintenant une pluralité d’opinions et plus de gens se reconnaissent. Je crois que la diversité des points de vue devrait encourager les gens à s’abonner. Mais comment approcher les gens qui ne le sont pas ou qui ont quitté? Bien sûr, il y a l’esprit de clocher, toujours bien présent en Mauricie, et certains disent que c’est le journal de Trois-Rivières. Je sais aussi que c’est très difficile pour les petits organismes, habituellement à but non lucratif et sans budget de publicité, d’avoir un petit espace.

Je n’en dis pas plus mais j’aimerais citer Richard Martineau qui, récemment dans le Journal de Montréal disait: «Si ton journal est de moins en moins lu, c’est peut-être que tu défends des points de vue que ne partage pas l’ensemble de la population. Parce que tu es déconnecté de ton lectorat. Si tu passes ton temps à dire que la loi 21, c’est de la merde, alors que 70 % de la population la défend et l’appuie, ça se peut que des gens cessent de lire ton journal et mettent fin à leur abonnement, non?» Il termine en disant que plein de gens ont cessé de lire Le Devoir, ne se reconnaissant plus dans le discours hyper gauchisant du quotidien.

À la défense de notre quotidien, nous n’en sommes pas rendus là et je lui souhaite longue vie et espère avoir encore l’occasion d’exprimer et de lire les opinions avec des points de vue diversifiés. La démocratie a plus besoin que jamais des journaux qui doivent maintenir un juste équilibre de la nouvelle, qui est loin de l’être sur les réseaux sociaux.

Gaston Bouffard

Shawinigan