PLQ: que reste-t-il?

Maintenant que la CAQ fait office de phare pour les mouvances de droite au Québec, le PLQ peine grandement à galvaniser les appuis et le vote autour de lui. Il semble évident qu’avec leurs nombreux candidats transfuges, leurs positions économiques similaires et leur fédéralisme assumé, la CAQ et le PLQ créent le malaise tellement ils en viennent à se ressembler… Ainsi, les électeurs du Québec qui appuieront la CAQ à l’automne auront tout le loisir de voter à la fois pour un changement d’administration et pour une continuité idéologique!

Bien entendu, cette situation unique en son genre laisse bien peu de place à un Parti libéral du Québec qui tente, en dernier recours, de présenter son principal rival comme un parti situé aux limites du racisme et de l’intolérance. Contrairement aux attentes, cette tactique ne colle pas avec l’électeur moyen et les accusations semblent peu crédibles, voire carrément maladroites. Même la communauté anglophone du Québec, habituellement si loyale au PLQ, lorgne tout doucement vers la CAQ au moment où la possibilité d’un troisième référendum s’est évaporée.

Alors, que reste-t-il au PLQ? Il reste le terme utilisé par Alexandre Taillefer, ce mot qui a fait tant sourciller récemment: progressiste. L’option progressiste proposée par Taillefer est, par-delà les critiques – justifiées ou non –, la seule véritable opportunité du PLQ pour affronter la CAQ sur un pied d’égalité aux prochaines élections. Cette nécessaire transformation électorale ne peut se faire sans douleur, mais elle aurait l’avantage certain de pallier les effets dévastateurs de la période d’austérité et de donner un sens à la souffrance collective des Québécois qui l’ont subie.

Les libéraux du Québec devraient donc tendre la main à ceux et à celles, qui jusqu’à tout récemment, étaient aux antipodes de leur base électorale, c’est-à-dire les mouvements sociaux, communautaires, syndicaux et féministes. Pour le moment, le PLQ est encore ce navire qui vogue dans la tempête caquiste en s’obstinant à tourner la barre à droite alors que l’accalmie se trouve à sa gauche. S’il venait à s’échouer, nous pourrions planter cet écriteau près de l’épave: «Ci-gît les restes d’un navire fait d’un bois si rigide qu’il ne put s’adapter au courant progressiste.»

Marc Benoît

Trois-Rivières