Place aux femmes

Dans notre société «laïque multiconfessionnelle», il est normal de se poser des questions sur la séparation de l’État avec les religions. En cherchant des solutions dans un esprit de justice pour tous.

Mais le point le plus sensible est l’égalité et la liberté de la femme dans la société, en lien avec la religion. Car la négation de la femme en tant qu’être humain égal à l’homme, est reconnue comme une fraude.

Sur ce sujet, la loi 62 me donne l’impression qu’elle tourne autour du pot. Comme si c’était une question de régir la «guenille» ou le code vestimentaire. Si tes symboles religieux et ton habillement reposent sur l’affirmation de ton identité, je ne vois pas de problèmes. Mais si cela repose sur des concepts de péchés et de soumission, basé sur la domination de «l’homme», ça ne passe pas le contrôle de la qualité. Le point important c’est le «pourquoi».

Dans le passé, la négation de la femme et autres injustices reposaient sur l’inégalité entre les humains, basés sur la soumission et l’obéissance à des régimes totalitaires, fortement hiérarchisés; qui en retour ont influencé certaines pratiques dans des religions.

Curieusement, ces concepts et pratiques étaient totalement étrangers aux croyances des Premières Nations en Amérique du Nord.

Aujourd’hui, avec le développement de la pensée humaniste, on ne peut nier une certaine contribution de la spiritualité religieuse. Cette domination de l’homme dans la société sur la femme a été sérieusement remise en question. Même on pourrait dire qu’aujourd’hui, ce concept a pris une bonne débarque. Pour faire simple, «on a changé d’idée».

Mais c’est loin d’être fini. Comme un animal blessé à mort, acculé au mur. Les restants de cette mentalité de domination contre la femme se sont retranchés et se sont camouflés en se servant de la religion pour s’accrocher au pouvoir. Leurs paroles de despotes sont changées et interprétées en parole de «Dieu». Par des notions de culpabilité et de péchés, avec «bousculade et tordage de bras». À leurs yeux, vous devenez de «bons musulmans» ou de «bons chrétiens», si vous êtes soumis et obéissants.

Ils sont cuirassés de certitudes et armés de paroles blessantes, mais qui se fissurent de toutes parts. Ils sont en cent lieux, de la bonté et de l’humanité.
C’est le rôle des musulmans et des chrétiens, tant homme que femme, de débusquer ce despotisme de l’intérieur de la religion. Donc le mot d’ordre devrait être: «Place aux femmes», avec des paroles paisibles, des gestes sans violence et pacifiques, tout en restant ferme, sur égalité de la femme.

Allez à la mosquée, à l’église, soyez actif dans votre communauté. Parlez, soulevez la question. Allez débattre contre cette injustice, pour abattre les barrières et les préjugés, ne soyez pas soumis. La domination et la soumission de la femme n’est pas un droit et encore moins du respect de la religion, dans la société. Pas juste ici, mais partout dans le monde.

Quand le ménage sera fait contre cette fraude, vous verrez que la religion n’est pas le problème.

Yves Donaldson
Trois-Rivières