Piscine intérieure: la Ville doit respecter ses propres politiques

OPINIONS / Fin de la soixantaine, j’ai malheureusement des limitations fonctionnelles qui affectent en partie ma mobilité. Tous les spécialistes consultés m’ont dit et redit que la plupart des activités physiques me sont interdites et que les seules activités que je peux pratiquer, pour que mon état puisse au moins rester stable, sont la marche, la natation et l’aquaforme.

Quand je suis arrivée à Trois-Rivières il y a quelques années, j’ai été très contente de trouver la piscine du CAPS, qui a un escalier avec rampe, escalier qui m’est indispensable pour entrer et sortir d’une piscine. Notons en passant que plusieurs participantes et participants à l’aquaforme présentaient des limitations encore plus importantes que les miennes.

Quand le CAPS a annoncé sa fermeture temporaire pour six mois, pensait-on alors, j’ai vérifié auprès de toutes les piscines de Trois-Rivières si leurs installations comprenaient un escalier avec rampe. Chou blanc! Seule la piscine du CAPS a cette particularité. Précisons aussi que l’été, le CAPS offrait des plages très limitées pour l’aquaforme.

J’ai appris en négociation que l’une des façons de permettre à son interlocuteur de revenir avec élégance sur une de ses décisions est de lui fournir des arguments crédibles et pertinents pour le faire. Juriste à la retraite, je me suis donc tournée vers les documents, politiques et plans d’action qui sont actuellement sur le site Web de la Ville. J’y ai trouvé des arguments intéressants pour que la Ville puisse donner la priorité aux besoins de ses citoyens en matière de piscine intérieure.

Notons en premier lieu que la mission de la Ville en matière de culture et de loisirs est notamment de faire en sorte que «l’offre en services de loisirs et de culture est centrée sur les besoins de la communauté».

De même, la Ville a une politique familiale qui prévoit, en matière de loisirs et services communautaires, de «continuer la promotion des activités physiques». La Ville doit donc continuer «l’utilisation des gymnases, des piscines intérieures en partenariat avec les institutions concernées» (articles 1 et 1.1). Que se passe-t-il donc quand une piscine intérieure étant la seule à offrir certaines spécificités n’est plus accessible au public?

Finalement, le plan d’action de la Ville intitulé «Municipalité amie des aînés», dans le cadre du programme du même nom, prévoit expressément que la Ville doit «améliorer l’accessibilité des piscines (1.2) et favoriser les diverses activités qui peuvent se pratiquer «en hiver et en été» (1.3).

Instructif, n’est-ce pas?

Claudette Ross

Trois-Rivières