Petit rappel à saveur environnementale

OPINIONS/ Avec l’intérêt récent que les médias portent à l’environnement, intérêt qui est grandement stimulé par Greta Thunberg, il est possible d’observer que beaucoup de gens projettent leur responsabilité environnementale sur les autres: «C’est les compagnies industrielles qui doivent réduire leurs émissions de CO₂, c’est le gouvernement qui doit faire des lois pour protéger l’environnement».

Bref, c’est tout le temps aux personnes «plus riches» et «en haut» de nous qui doivent agir. Toutefois, dans une société basée sur le capitalisme, il est important de se remémorer que les personnes «plus riches» et «en haut» de nous le sont parce que les gens «en bas» ont soit acheté leurs produits ou soit voté pour elles. En effet, le vote à la démocratie est l’équivalent de l’achat au capitalisme. 

Ainsi, il faut garder à l’esprit qu’il est de notre responsabilité d’encourager par l’entremise de nos achats les compagnies qui ont une éthique environnementale. C’est-à-dire ne pas encourager des compagnies comme Nutella et Doritos qui détruisent des forêts tropicales afin de récolter l’huile de palme présente dans leurs produits. Évidemment, il est de notre responsabilité de s’informer le moindrement sur le scrupule de ces compagnies. C’est de cette manière que les compagnies polluantes changeront leurs procédés si elles veulent rester «en haut» de nous. Autrement, elles n’ont aucun intérêt à modifier leur pratique. 

Toutefois, je suis conscient qu’il y a une limite économique à ce qu’on peut acheter pour être écologique, comme une voiture électrique. Il faut rester réaliste et on ne peut imposer à tout le monde de s’en procurer. Heureusement, la créativité humaine peut être aussi sans limites que la folie humaine. En effet, des organismes tels que Carbone Boréal existent pour compenser notre CO₂ nécessaire à nos activités (voiture, alimentation, avion, etc). Il suffit d’indiquer, par exemple, notre modèle de voiture et notre kilométrage et ensuite le site calcule automatiquement le nombre d’arbres nécessaires pour compenser notre carbone. Ensuite, il suffit de faire un paiement en ligne pour compenser. Ceci est beaucoup plus abordable que d’acheter une voiture électrique et ne nécessite que très peu d’effort pour faire sa part. 

Oui, il est facile de dire que les compagnies polluent beaucoup plus (compagnie qu’on encourage en achetant leur produit), mais il faut garder à l’esprit que les voitures sont aussi très polluantes. Si on relativise un peu, à la marche, il faut 55 heures pour marcher de Montréal vers Québec versus 2 h 45 par voiture, ce qui est 20 fois plus vite. 

On a tendance à oublier, mais il n’est pas «naturel» de se déplacer aussi vite. En effet, une grande quantité d’énergie fossile doit être utilisée pour nous permettre ce luxe. Tout transport implique des coûts énergétiques énormes et il est de notre responsabilité de trouver des moyens pour réduire ou compenser nos déplacements. Si on a les moyens d’avoir une auto ou de partir en voyage, on a aussi les moyens de compenser nos déplacements. Il est rare qu’une personne voulant voyager dans le Sud annule son voyage si les billets augmentent de 100 $ à la dernière minute, mais il est bien plus rare qu’une personne débourse 50 $ pour compenser la pollution qu’elle a contribué à faire en prenant l’avion. 

Il est alors temps qu’on «se donne le go». Peu importe la raison pour laquelle on agit: que ça soit par culpabilité, pour bien paraître, pour avoir des subventions, pour avoir des votes ou même pour «cruiser» une prétendante, il faut agir. Avec la planète, la fin justifie les moyens. La planète ne se soucie pas des raisons sous-jacentes à l’action. Il est donc tout à fait légitime d’agir avec une vision utilitarisme. 

Pour finir, j’aimerais parler des climatosceptiques. Il est alarmant de voir à quel point il y a beaucoup de gens qui ne croit pas aux changements climatiques et d’autant plus par des hommes politiques et de hauts pouvoirs. Toutefois, en se fiant sur des notions psychologiques, je crois que ce phénomène est tout à fait normal. 

En effet, le domaine de la psychologie nous enseigne que chaque personne à sa façon de réagir face à son angoisse. Certaines personnes utilisent le déni, d’autres la projection et d’autres prennent des moyens actifs pour y faire face. Or, puisqu’il semble assez évident que les changements climatiques soient une source d’angoisse (menace d’être la sixième extinction massive), il est tout à fait normal que sur l’ensemble de la population il y ait des gens qui réagissent par le déni afin d’apaiser leur anxiété. Est-ce que ça les excusera lorsqu’il sera trop tard? Non. Par contre, il est important de mettre à l’évidence ce phénomène afin d’espérer que ces personnes puissent s’ouvrir à la science, même science qui aujourd’hui leur permet d’avoir un cellulaire dans leur poche ou d’utiliser ou de cuire leur pogo au micro-ondes. 

Carl-Antoine Leclerc

Trois-Rivières