Pauvreté: n’oublions pas le salaire minimum

OPINIONS / L’auteur, Jean-Claude Landry, représente le Regroupement des organismes d’éducation populaire autonome de la Mauricie (ROEPAM).

Le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, se dit déterminé à combattre la misère et la pauvreté. Il en a fait mention dans une longue lettre publiée dans les pages de ce journal, le 18 janvier dernier. Il a réitéré cette ambition au cours d’une entrevue accordée au journaliste Marc Rochette et publiée dans l’édition du vendredi 24 janvier.

Le souci démontré par M. Boulet en regard de la pauvreté n’est pas nouveau. Il en a fait preuve avant même son engagement en politique active comme en témoigne sa longue implication bénévole au sein de Centraide Mauricie. Et sous sa gouverne à titre de ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, des gestes significatifs ont été posés pour alléger le sort des personnes moins nanties. Gestes dont il fait une présentation exhaustive dans sa lettre ouverte du 18 janvier.

Parmi les gestes mentionnés, la hausse du salaire minimum qui passera le 1er mai prochain à 13,10 $ l’heure, laquelle hausse, «aura pour incidence de réduire la pauvreté», selon M. Boulet. C’est vrai mais, faut-il le préciser, uniquement pour les personnes vivant seules. En effet toute personne, soutien de famille, gagnant alors le salaire minimum, soit 23 842 $ par année, ne pourra assurer à sa famille une vie hors de la pauvreté.

Il y a déjà deux ans de cela, Le Nouvelliste, dans son édition du 12 avril 2018, nous apprenait qu’une étude produite par l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS) établissait, qu’ici même à Trois-Rivières, une personne monoparentale avec un enfant devait gagner annuellement 31 535 $ pour disposer d’un revenu dit viable. Ce même revenu s’établissait à 50 323 $ pour un couple avec deux enfants d’âge préscolaire.

Les statistiques disponibles sur l’emploi indiquent qu’en 2018, 295 800 personnes travaillaient au salaire minimum. Et pour plus de 30 % d’entre elles, ce salaire constituait l’unique revenu de leur famille. Les statistiques sur l’emploi au Québec précisent également que près 60 % des personnes au salaire minimum occupent un emploi à temps partiel. Ces emplois sont souvent précaires et nombre d’entre eux ne bénéficient pas d’une protection sociale adéquate. De plus ces emplois principalement occupés par des femmes, des jeunes et des personnes immigrantes.

Ces données confirment donc, une fois de plus, la pertinence de rehausser le salaire minimum à 15 $ l’heure. D’ailleurs, là où ce taux a été appliqué, on a remarqué un impact positif sur l’économie locale et une meilleure rétention en emploi.

Dès lors, nous souhaitons rappeler que la lutte contre la pauvreté passe aussi par l’atteinte rapide et nécessaire du salaire minimum à 15 $ l’heure afin qu’une proportion plus significative de la population du Québec puisse profiter de l’actuelle prospérité économique.