Parlons chiffres maintenant

Parlons chiffres maintenant
Comprenons-nous bien, je ne suis pas là pour dénigrer un parti politique ou un autre. Je vous donne des chiffres que j’ai trouvés dans un journal dernièrement. À vous de savoir et de jauger si le gouvernement mérite un sourire ou non, comme à la petite école.

En avril 2003, le Québec arrivait, au chapitre du revenu disponible, au 4e rang sur les 10 provinces canadiennes. En 2012, les Québécois avaient pris une sérieuse débarque avec leur revenu disponible, alors qu’ils se retrouvaient au 9e rang. Des 10 provinces et 3 territoires, c’est d’ailleurs le Québec qui affiche depuis 2003 la plus faible augmentation (en dollars courants) du revenu disponible par habitant. Selon la plus récente estimation de Statistique Canada, le Québec a vu son revenu disponible atteindre 27 723 $ à la fin de 2016, soit une hausse de 8765 $ depuis 2003. Toutes les autres provinces et les territoires ont affiché des augmentations de revenu disponible de 10 000 $ et plus.

Au sujet de la rémunération moyenne hebdomadaire, le Québec accuse un retard sur la moyenne canadienne. Alors qu’elle s’élève à 903 $ au Québec, elle atteint 975 $ au pays. En 2003, la dette par habitant au Québec était de 12 543 $. On est maintenant rendu à la 2e plus importante au pays avec une dette de 22 256 $. On n’est devancé que par Terre-Neuve-et-Labrador.

En 2003, le gouvernement du Québec avait alloué un montant de 4,3 milliards de dollars au portefeuille du ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale (aujourd’hui appelé ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale – MESS). Quinze années plus tard, soit au cours de l’actuel exercice financier (2018-2019), le gouvernement du Québec entend consacrer dans ce portefeuille une somme identique de 4,3 milliards $. Compte tenu de l’inflation de 25 % depuis 2003, sur les 4,3 milliards consacrés au MESS en 2003, c’est environ 5,4 milliards qui devraient y être attribués aujourd’hui.

C’est certain que depuis 2003, le nombre de personnes à l’aide sociale a grandement diminué, allégeant le budget du gouvernement pour cette dépense, mais les conditions de vie des prestataires ne se sont pas améliorées pour autant, quoi qu’en disent nos élus. Bien au contraire. En effet, avec les années, les revenus qu’ont les personnes à l’aide sociale, dont je fais partie, restent actuellement, et de loin, sous le seuil de la pauvreté. Dans mon cas, je reçois la prestation pour personnes avec contraintes temporaires à l’emploi, au montant de 782 $/mois, plus les divers remboursements de taxes auxquels j’ai droit. Malgré tout, cela ne me permet de combler qu’environ 60 % de mes besoins essentiels.

En bout de ligne, il y a et aura encore un bon moment, de plus en plus de demandes auprès des comptoirs alimentaires. Et je rappelle que les organisations Moisson du Québec crient «au secours» depuis un bon bout de temps déjà…

Claude Béland

Notre-Dame-du-Mont-Carmel