Le député de Trois-Rivières souhaiterait rendre plus simples et plus efficaces les mesures visant à assurer une plus grande protection des données personnelles.

Panier de crabes et maison des fous!

L’auteur, Robert Aubin, est député fédéral de Trois-Rivières.

Desjardins, réputé pour être le bas de laine des Québécois, a-t-il échappé une maille? Trop tôt pour porter un jugement, mais lorsque j’apprends, comme vous, que près de 3 000 000 de sociétaires se sont fait voler leurs données personnelles, on prend vite la mesure de l’importance de cette institution dans le paysage économique de chez nous.

De toutes les données personnelles subtilisées, le NAS (numéro d’assurance sociale) est certainement l’élément le plus critique. Étant émis par le gouvernement fédéral, il n’est pas surprenant que chaque jour, des citoyens lésés se présentent à mon bureau pour me demander la marche à suivre pour obtenir un nouveau NAS.

Rien de plus naturel, me disais-je, lors ma première rencontre avec un citoyen! C’est en prenant mes informations sur la procédure que j’ai rencontré mes premiers crabes et que les surprises commencèrent.

Premier désenchantement, s’il existe effectivement une procédure pour obtenir un nouveau NAS, vous devrez faire la preuve, rapport de police en main, que vous avez été fraudé!

C’est un peu comme si l’on me disait: M. Aubin on sait que vous vous êtes fait voler les clés de votre maison, mais on ne peut pas changer votre serrure avant que vous ayez démontré que vous avez été volé?

À l’évidence, le ridicule ne tue pas!

Bon, je me suis dit alors, voyons avec mes collègues du NPD ce que nous pouvons faire pour être du côté des consommateurs et forcer le gouvernement à agir promptement. Le principe étant simple, mieux vaut prévenir que guérir.

Ici, l’expression «pourquoi faire simple, quand ça peut être compliqué» prend tout son sens! Je découvre à cette étape que changer son NAS peut causer d’énormes maux de tête et amplifier le problème au lieu de le résoudre.

En effet, la communication entre les différents ministères n’étant pas des plus limpides, et ne disposant pas d’un guichet unique, il se pourrait que vous vous retrouviez avec deux NAS, votre ancien et votre nouveau faisant de vous un citoyen avec deux identités et des problèmes démultipliés.

De plus, servir 3 000 000 de citoyens qui demandent un nouveau NAS en même temps risque fort d’engorger le système. Ce problème pourrait cependant être atténué, voire contré par la protection de cinq ans qu’offre le Mouvement Desjardins à ses membres.

Quant à lui, le Commissariat à la protection de la vie privée du Canada est déjà au fait du problème et fait enquête sur cette situation qui risque de faire école.

Nous attendrons avec impatience ses recommandations dans la mesure où il lui sera permis d’en faire à propos d’une entreprise qui n’est pas de juridiction fédérale.

Voilà où j’en suis au moment d’écrire ces lignes. J’aurais aimé vous présenter une solution simple à un problème qui en apparence semble l’être, mais qui en réalité ne l’est pas.

Si le mutisme des libéraux et des conservateurs me sidère, sachez que cette situation préoccupe au plus haut point tous les députés néo-démocrates et que toute l’équipe de recherche s’affaire à trouver la voie de passage par laquelle ce type de menace, au potentiel croissant, pourrait être contré.

En matière de protection des données personnelles, les citoyens et les consommateurs que nous sommes doivent être mieux protégés et mieux accompagnés dans ce mode de vie où le risque zéro n’existe plus. Au NPD, nous y veillons.