Le Panier Bleu, qui devra être tout sauf percé, est une visibilité supplémentaire pour bien des entreprises, locales et ultra locales surtout.
Le Panier Bleu, qui devra être tout sauf percé, est une visibilité supplémentaire pour bien des entreprises, locales et ultra locales surtout.

Panier Bleu: un coup de pied dans la canisse

OPINION / L’auteur, David Crête, est professeur de marketing à l’École de gestion de l’Université du Québec à Trois-Rivières.

La crise actuelle est un retentissant coup de semonce. Jumelée au lancement cette semaine du Panier Bleu, un retour vers le futur. Ce panier, qui devra être tout sauf percé, est une visibilité supplémentaire pour bien des entreprises, locales et ultra locales surtout. Celles qui ont souvent peu de moyens pour se faire valoir.

Mais ce panier doit être un ultime rappel à l’ordre. Il y a quelques mois, le magazine Les Affaires rapportait que 54 % des PME québécoises n’ont rien investi en recherche et développement en 2018. L’innovation serait donc l’apanage d’une élite, nous dit le chroniqueur Olivier Schmouker.

Il faut aussi cesser de laisser planer le mirage du futur Amazon québécois. Ça n’arrivera pas. Amazon investit depuis plus de vingt ans en recherche et développement en ayant dû absorber un nombre incalculable de trimestres déficitaires. Rien n’empêche, d’ailleurs, une entreprise québécoise de vendre sur le site.

La crise met en lumière les entreprises qui ont, ou ont su développer, leurs réflexes créatifs et innovants. Les plus agiles ont pu réagir en proposant, par exemple, une offre nouvelle, adaptée. Elles ont démontré une forme de maturité, c’est-à-dire de pouvoir s’adapter aux changements provoqués par le virus.

Au-delà du Panier Bleu, c’est la proposition du ministre Boulet, et ses 100 millions $ pour la formation, qui doit être relevée. On le sait qu’en temps de prospérité économique, la formation est moins populaire. Avec le ralentissement actuel, il faut saisir l’opportunité. C’est bien plus que les technologies que nous devons maîtriser. Il faut parfois revoir la culture de l’entreprise, son leadership, l’engagement, la motivation, sans quoi rien de nouveau n’aboutira.

D’une crise, retenons quelque chose. Souhaitons que les organisations sauront y arriver. La formation, les connaissances et l’accompagnement sont des ingrédients à ne pas négliger. Aiguiser ses réflexes créatifs, ça s’apprend.

Le panier ne peut être qu’un vulgaire bottin.