L'ancien maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque.

Oui, nous avons le droit de savoir…

OPINIONS / En droit de réponse à l’éditorial publié par M. Stéphan Frappier le samedi 8 juin 2019 dans Le Nouvelliste, je lui réponds ceci: Oui les Trifluviens ont le droit de savoir pourquoi M. Lévesque avait pris un congé de maladie au début du mois d’octobre 2018 suivi de sa démission officielle en janvier 2019! Pourquoi avons-nous le droit? Parce que ceci nous coûte, à nous les Trifluviens, 250 000 $ pour sa prime de départ et de transition et un million de dollars pour les élections de mai 2019.

Mon argument principal est le suivant: lorsque nous choisissons dans tout processus d’élections démocratiques des représentants, ces élu(e)s deviennent, en quelque sorte, nos employés. Conséquemment, nous avons le droit de demander des comptes à ces derniers, spécialement quand cela implique des sommes considérables provenant de notre portefeuille. Par contre, en ce qui concerne la vie privée de M. Lévesque, il est clairement respectueux de la lui laisser.

Toutefois, sachant très bien l’intérêt marqué de M. Lévesque pour la politique fédérale depuis 2004, confirmé par le Journal de Montréal publié le 20 avril 2018, il m’appert donc incontestable que notre ancien maire attendait le moment propice pour faire le saut. Il aurait été plus que décent et humble de sa part d’être transparent envers ses électeurs et leur avouer son désir de poursuivre sa carrière dans le monde fédéral plutôt que se représenter en tant que maire. Sa rencontre officielle avec le chef conservateur Andrew Scheer en avril 2018 confirme la quasi-certitude qu’il y a indéniablement eu des communications entre ces deux politiciens avant celle-ci. Aucun parti politique intéressé (libéral ou conservateur) ne pouvait refuser la candidature de M. Lévesque étant donné son statut de candidat vedette bien établi.

De plus, permettez-moi aussi de mettre en doute la légitimité du certificat de maladie de M. Lévesque. Connaissant plusieurs gestionnaires dans mon entourage, il n’est pas rare que ceux-ci reçoivent des certificats de maladie de complaisance de la part de plusieurs employés, certificats émis même après la «supposée» maladie.

Conclusion: la chronologie des événements marquant le passage de M. Lévesque, en tant que maire élu en novembre 2017 combiné avec le «genre de non-compatibilité» avec les nouveaux conseillers municipaux, le tout couronné par une maladie, me semble trop pratique pour les visées en politique fédérale de notre ancien maire, surtout qu’il nous avait promis qu’il compléterait son mandat...

Nicole Morin

Trois-Rivières