This is an undated handout of an Aedes albopictus, or Asian Tiger mosquito, feeding on human skin. Source: U.S. Center for Disease Control via Bloomberg News

Objection citoyenne à l’épandage inutile et coûteux d’un pesticide

OPINIONS / Depuis 2008, la Ville de Trois-Rivières paie, via nos taxes, une firme indépendante pour épandre un pesticide dans le but de tuer les insectes piqueurs. Cette décision a été approuvée par le Conseil de Ville de Trois-Rivières en 2008, sans consultation publique ni démonstration relative à des problématiques de Santé publique en lien avec ces insectes piqueurs et, surtout, sans demande particulière provenant des citoyens.

Nous avons d’abord pensé que tous les citoyens étaient concernés par cette taxe pour épandage de pesticide et, à tort, nous avons cru que cette action d’épandage était la réponse à une problématique réelle de Santé publique qui nous aurait échappé. D’abord, à notre grand étonnement, nous avons appris récemment que cette taxe pour épandage de pesticide n’était payée que par les résidents demeurant dans la couronne de la Ville. Ensuite, à notre grande désolation, nos recherches nous ont appris que ce pesticide ne répondait à aucune problématique de Santé publique et que, loin de ne cibler que les insectes piqueurs, il détruisait également des larves d’insectes non piqueurs essentiels à la biodiversité (bio = vie).

Après étude de la littérature scientifique et lecture de rapports sur le sujet, nous avons appris que ces larves qu’on détruit à grand renfort de pesticide sont essentielles car en plus de contribuer à dépolluer nos marais et nos cours d’eau, elles servent de nourriture aux batraciens et, qu’une fois devenus insectes adultes, ces larves servent pour la pollinisation et de nourriture pour différentes espèces d’oiseaux, etc.

De plus, ce pesticide s’attaque aux algues vertes, organismes essentiels du phytoplancton, qui, en plus de servir dans la chaîne alimentaire, produisent de l’oxygène et dépolluent les cours d’eau des contaminants chimiques.

Le constat est que détruire cet écosystème naturel par l’épandage de ce pesticide est tout simplement insensé et non viable. Cet épandage qui, rappelons-le, n’est ni le fruit d’un impératif de Santé publique ni celui d’une demande issue de la population.

De 1979 à 1991, nous avons eu une résidence à Saint-Louis-de-France dans un secteur où il y avait un ruisseau, un petit lac, un camping, des boisés, des fossés de ligne, des fossés de rue et jamais nous n’avons été incommodés par les moustiques. Depuis 1993, nous habitons dans le Parc Isabeau, près de la piste cyclable où il y avait des marais, un cours d’eau, des eaux de ruissellement et jamais nous n’avons été incommodés par des moustiques, sauf par quelques nids d’abeilles, par ailleurs faciles à enlever.

En plus, depuis une dizaine d’années, tous les marais de notre secteur ont été détruits par la construction de bungalows, de duplex, voire de deux petits centres commerciaux. Résultat: moins de batraciens, moins d’oiseaux, moins de cris issus de la nature; notre environnement naturel se meurt littéralement sous nos yeux à vitesse grand V. Pourquoi en rajouter avec l’épandage de ce pesticide? On se le demande!

À notre avis, cet épandage dans notre secteur est non avenu, non désiré et non désirable parce qu’inutile et dommageable pour l’environnement; il détruit un écosystème important et la biodiversité naturelle essentielle à notre survie même.

À titre de citoyens concernés par la biodiversité, nous demandons à la Ville de Trois-Rivières d’enlever immédiatement de notre compte de taxes le montant de 34 $ qui sert à financer cet épandage inutile, coûteux (environ 1 million $/an) et destructeur pour les écosystèmes touchés.

François Bellemare

Jocelyne Harnois

Trois-Rivières