Nouvel an... nouvelle ère!

Nous sommes à l’aube de l’an 2118 de notre ère. Le monde est maintenant dirigé par un gouvernement central, qui désigne l’année 2118, comme l’an un de l’ère artificielle, engendrée par l’avènement des machines, ce qui révolutionne le monde entier et oblige à redéfinir le système d’éducation.

Tout a commencé par cette nouvelle, publiée en décembre 2017: «L’intelligence artificielle (IA) de Google Brain, vient de créer elle-même (!) une IA plus performante que toutes celles créées, jusqu’ici, par des êtres humains...». En 2017, le cerveau montréalais de Google Brain se nomme Hugo Larochelle, un jeune homme de 35 ans, originaire d’Asbestos, étoile de la recherche mondiale en IA, et Montréal est devenue la Silicon Valley de l’apprentissage profond.

«Nos machines vont-elles devenir plus intelligentes et plus puissantes que nous?» et «Notre avenir est-il celui d’une cybersociété où l’humanité sera marginalisée et dans laquelle il sera possible d’accéder à une forme d’immortalité, en téléchargeant nos esprits sur les ordinateurs de demain?», sont des grandes questions souvent développées sur les sites de Google.

Le sort réservé à l’humanité demeure une question éthique non résolue. L’IA deviendra-t-elle assez performante pour manipuler les humains et régner en maître? Sera-t-elle réglementée par l’État ou par les sbires d’Internet, qui possèdent déjà toutes nos informations personnelles? Quel sera notre niveau d’accréditation (classe sociale)?

Où s’établira la limite entre l’humain et la machine? 

Bill Gates, (Américain de 62 ans, fondateur de Microsoft, dont la fortune est estimée à 90 milliards $ et en fait l’homme le plus riche du monde en 2017), Elon Musk (46 ans, entre autres naturalisé canadien en 1988, président de Space X et Tesla Motors, dont la fortune est estimée à 19,8 milliards $), et Stephen Hawking (75 ans, physicien théoricien britannique, professeur à l’Université de Cambridge et membre de l’Académie pontificale des sciences, sans fortune importante), affirment que «nous sommes déjà des cyborgs», puisque notre version numérique est consignée sur Internet, avec Facebook et le stockage des courriels.

Développer des interfaces, qui pourraient interagir avec le cerveau humain, à l’aide d’implants, fait peur, mais les nouveaux prophètes annoncent que seuls les individus qui maîtriseront l’IA, pourront travailler et que les autres seront inutiles! Une génération d’esclaves analphabètes apparaît, et aucune «terre promise» ne les accueillera de même qu’aucun messie ne les libérera de cet esclavage futuriste! 

Toutes les religions antérieures à cette nouvelle ère auront été éradiquées, et la déesse IA deviendra la nouvelle divinité de cette spiritualité artificielle. Elle pénétrera nos pensées les plus intimes. Ses espions insidieux, actuellement en fonction sont, Internet, les cellulaires et les réseaux sociaux, qui nous orientent déjà vers des prisons virtuelles, d’où l’évasion n’est pas une option!

À la fin du XXe siècle, l’Ancien et le Nouveau Monde ont livré tous leurs secrets, et les humains qui ont fait un choix spirituel n’en changeront pas. L’évolution nous pousse à découvrir, explorer et conquérir le «cyber Monde» grâce à un nouveau genre d’évangélisation, qualifiable de marketing, afin de convertir la population mondiale aux nouvelles technologies, pour en retirer le plus grand avantage pécuniaire! Et plus personne ne se demande: «Pourquoi existons-nous?», ni ne s’inquiète de la disparition des relations humaines. Vraiment étonnant!

Notre jeune déesse IA est païenne, infaillible, asexuée, totalement dépourvue de sentiment, et déconnectée de la nature, mais n’est pas éternelle, dans ce «cyber Monde» opprimé depuis peu par la famine, et dans lequel les émotions sont interdites! Elle oriente nos opinions et nos choix, tout en restreignant notre liberté, dans le but, soi-disant, de cautionner la survie précaire de l’humanité. Aura-t-elle aussi marqué la fin de la démocratie?

L’Univers (composé du Temps, de la Vie qui anime la matière, et de l’Espace) est immuable, à l’image de son créateur, qui désormais, est vénéré comme un souverain en exil dans son pays… Le père de la chimie, Antoine de Lavoisier (1743-1794) a ainsi démontré que: «Rien ne se perd, rien ne se crée: tout se transforme…», et que l’entité reste la même.

Lentement, l’intelligence humaine échappe aux contraintes de la biologie. Plus les machines évoluent et plus la pensée régresse. «La science sans conscience est la ruine de l’âme!», écrivait Rabelais, au 

XVIe siècle. Il avait bien raison!

Si nous avons été créés libres pour le meilleur, aurons-nous conçu la déesse IA pour le pire?

Le risque existentiel est-il une réalité, ou le fruit de l’union de la résistance au changement avec une peur arbitraire, comme celle du bogue de l’an 2000? Si nous avons aspiré au Ciel à l’ère chrétienne, dans l’avenir, nous devrons nous accommoder du nuage...

Denyse St-Onge

Trois-Rivières