De plus en plus de jeunes font entendre leurs préoccupations pour l’environnement. Dans la lettre ci-dessus, des élèves de deuxième secondaire de l’Institut secondaire Keranna s’expriment sur le sujet.

Nous sommes la future génération

OPINIONS / La société actuelle fait face à une série d’enjeux liés à l’état de la Terre. Tous les jours, nous faisons des actions qui nous semblent si banales et habituelles que nous ne nous rendons pas compte qu’elles polluent et détruisent notre seule et unique planète. Les industries, essentielles à la fabrication de produits (dont nous n’avons pas toujours besoin), créent de la richesse mais polluent aussi grandement. Plusieurs d’entre nous ont une conscience de plus en plus aiguë du problème et veulent faire partie de la solution. Mais comment? Pousser le gouvernement à instaurer plus de lois environnementales ou favoriser des initiatives personnelles? Nous pensons qu’il faut obliger un changement de mentalité.

Face à la protection de l’environnement, certains font part de leurs craintes quant au développement économique. Mais c’est un faux choix. Le développement économique ne peut survivre qu’avec la viabilité de la planète. Plusieurs entreprises redoutent la perte de profit si les lois environnementales sont renforcées et c’est la raison principale qui justifie leur inaction. Nous croyons qu’il faut obliger les entreprises à changer leurs façons de faire. Il est vrai que les modifications engendrées par des lois environnementales coûtent cher à l‘industrie. Il nous apparait important que les gouvernements les soutiennent par des programmes d’aide financière. Tous doivent s’investir davantage à ce niveau.

De plus, l’innovation engendrée par la recherche et le développement de nouvelles technologies vertes assurera la création d’emplois «verts», en constante progression depuis quelques années, répondant ainsi aux besoins d’aujourd’hui sans toutefois compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs, soit les principes du développement durable. Ces travailleurs contribueront à faire une différence pour préserver notre Terre. Et ce sentiment de fierté de participer à un monde meilleur doit être une motivation à changer les choses. D’ailleurs, 74 % des consommateurs québécois étaient prêts à payer plus cher pour des produits plus respectueux de l’environnement. Notre population est donc prête et doit devenir un modèle dans ce domaine.

Au-delà de la sensibilisation de l’empreinte écologique et de la surconsommation de chacun d’entre nous, nous devons faire comprendre aux gens que leurs habitudes nuisent à la planète. Nous devons prioriser la qualité sur la quantité. Nous devons investir dans des produits «verts», réévaluer nos besoins, changer certains de nos comportements. Des lois qui incitent l’industrie à abandonner la production d’objets dictés par l’obsolescence programmée feront une différence.

Un environnement plus sain assurera une meilleure santé pour la population. L’air que nous respirerons et l’eau que nous boirons seront de meilleure qualité. Tout cela ferait en sorte de réduire les maladies associées à la pollution, comme les maladies respiratoires, cancer du poumon et autres, réduisant du même coup les coûts astronomiques de notre système de santé financé par le gouvernement.

Aussi, nous sommes convaincus qu’une législation plus sévère et complète favorisera extrêmement l’environnement. En effet, selon la revue Le Monde diplomatique, à cause des différents produits chimiques dans les sols et l’eau, des rejets de particules polluants dans l’atmosphère, nous assistons à la disparition d’espèces animale et végétale toutes les vingt minutes: 26 280 chaque année. L’utilisation des pesticides a détruit de nombreux écosystèmes, notamment dans les milieux agricoles. Nous n’avons qu’à penser aux abeilles. Depuis plusieurs années, les apiculteurs mentionnent que la production dans les ruches diminue de façon drastique, à l’image des populations de ces insectes pollinisateurs essentiels à la reproduction d’une grande variété de plantes. Ces pesticides sont pointés du doigt par les scientifiques.

Il y a aussi le réchauffement climatique, celui qu’on constate depuis 1850, causé par les gaz à effet de serre et qui annonce un bouleversement climatique imminent. L’ensemble de la vie sur Terre sera touché, l’humanité incluse. Par conséquent, pour assurer la pérennité de l’humain, il faut absolument agir et mettre en place des lois environnementales. Nous sommes possiblement idéalistes mais nous osons imaginer une plus grande proportion de toits verts où l’on pourrait cultiver nos propres aliments, des maisons aux panneaux solaires pour réduire notre dépendance aux énergies fossiles ou un programme de valorisation de l’achat local. Et un monde meilleur.

Nous n’avons peut-être que 14 ans mais nous sommes la future génération, celle qui va s’occuper de notre seule et unique planète. Nous voulons que ceux qui nous suivront aient le bonheur de voir les beautés de notre Terre, ses couleurs vives et ses paysages qui font rêver. Nous savons qu’ensemble, nous pouvons et nous ferons une différence.

Camille Berthiaume

Charles-Édouard Bistodeau

Méliane Goulet

Allyson Labrie

Louic Leduc

Loïck Michaud

Ariane Milette

Alexiane Pépin

Jamille Picard

Mégane Racine

Annabelle Tremblay

Christophe Trudel-Hamelin

et les élèves de 2e secondaire de l’Institut secondaire Keranna