Nous devons changer nos habitudes de consommation

Le 13 novembre dernier, 15 000 scientifiques se sont regroupés afin de lancer une nouvelle alarme sur l’état général de la planète. Plusieurs organisations médiatiques ont couvert la nouvelle en encourageant une croyance populaire selon laquelle le contrôle des naissances des pays en voie de développement réglerait, à lui seul, une grande majorité des problèmes environnementaux qui font rage aujourd’hui.

La crise environnementale que vit présentement notre planète est en fait une crise sociale, une crise de valeurs. Bien que les auteurs de l’article «World Scientists’ Warning to Humanity: A Second Notice» («Mise en garde des scientifiques du monde à l’humanité: un second avertissement») affirment que la surpopulation représente une menace pour notre planète, ils soulèvent aussi que nous jouons avec le feu lorsque nous refusons d’admettre notre part de responsabilité. Si la planète se meurt, c’est d’abord à cause de la surconsommation des pays industrialisés.

En effet, comme l’a mentionné l’économiste australien Clive Hamilton dans son ouvrage Requiem pour l’espèce humaine (2013), l’héritage carbone – c’est-à-dire la quantité de carbone dont un individu est responsable – d’un parent étatsunien est 136 fois plus élevé que celui d’un parent bangladais. 

Les chiffres sont clairs: le mode de vie porte davantage atteinte à l’environnement qu’un taux de natalité élevé. C’est d’ailleurs la position de plusieurs penseurs en économie, dont Alain Deneault et Ianik Marcil, qui pointent les dérives du capitalisme des puissances mondiales comme vrai coupable des enjeux actuels: exploitation excessive des ressources naturelles, pollution, extinctions biologiques.

Ainsi, pour répondre au cri d’alerte de ces 15 000 scientifiques, c’est collectivement et politiquement que nous devons réorienter le débat vers le véritable enjeu. Il est temps d’accepter que nous sommes les premiers responsables de la crise environnementale. 

La solution est pourtant simple, elle se trouve dans le changement de nos habitudes de consommation. Cessons de n’être que des individus consommateurs, misons sur un nouveau projet collectif optimiste et construisons un héritage à la hauteur de nos capacités pour les prochaines générations.

Prenons nos responsabilités en main et montrons au monde ce qu’est une véritable puissance.

Catherine Gilbert

Frédérique Morin

Sophie Beauséjour

Étudiantes en Sciences humaines

Cégep de Trois-Rivières