Non, Guy Nantel n’est pas un «clown»...

OPINIONS / «Un clown dans un parti de clowns.» La blague, envoyée par Guy Nantel lui-même lors du dépôt de son bulletin de mise en candidature comme chef du Parti québécois, a perdu selon lui toute originalité à force d’être répétée. Mais comme pour couper l’herbe sous le pied à ceux qui auraient été tentés de la réutiliser, il l’a lui-même répétée, avec un sourire. Et la formule a été reprise par certains journalistes présents, dont Pierre Saint-Arnaud de La Presse canadienne.

Pourtant, les meilleurs hommes et femmes politiques qui ont marqué l’histoire du Québec moderne, les René Lévesque, Jacques Parizeau, Pauline Marois et Bernard Landry pour ne nommer que ceux-là, ont façonné de façon positive et significative la politique moderne de notre province. Seul Robert Bourassa du Parti libéral et Daniel Johnson sont dignes d’être comparés à ces personnalités.

Pour moi, voir arriver Guy Nantel sur les rangs est rafraîchissant. Il est un humoriste certes, mais n’avons-nous pas élu à la tête du pays un acteur et artiste du faux-fuyant et du déguisement? Dans ses spectacles à saveur politique et sociale, il manie l’humour avec classe et respect envers notre langue et sans vulgarité. Et à ceux qui pensent qu’il ne s’y connaît pas en politique, je les invite à lire son livre Je me souviens... de rien; quelques réflexions de tête et de cœur sur un Québec sclérosé. C’est une véritable mine d’informations où l’on peut apprécier son verbe vulgarisateur qui nous permet de comprendre la situation dans laquelle le Québec se trouve dans cette confédération qui nous étouffe et à laquelle nous n’avons jamais adhéré.

On ne peut savoir si monsieur Nantel remportera l’investiture du parti qu’il désire «réunifier», mais il saura sans doute réveiller de nombreux souverainistes, qui par dépit ou pour se débarrasser du gouvernement libéral fédéraliste de M. Couillard, se sont laissé séduire par le chant de sirène de François Legault et son humour caustique.

Il pourrait également ramener au bercail ceux qui sont passés à Québec solidaire, parti qui leur semblait plus souverainiste au moment de voter, mais dont on peut constater chaque jour le peu de sérieux.

Je suis sûr qu’avec lui il n’y aura pas de faux-fuyant ou d’ambiguïté dans le discours. Il rappelle que le PQ a fait une grosse erreur de balayer son option sous le tapis. Je suis bien d’accord avec lui, tout comme je le suis également quand il dit que «les conditions gagnantes, on ne les attend pas, on les fait». J’entrevois une campagne «propre» comme il le souhaite et j’espère bien que le brassage d’idées ne fera que redonner aux Québécois le parti qu’ils méritent. L’avenir de notre peuple est entre nos mains.

Gaston Bouffard

Shawinigan