Nicolet et la sécurité des piétons

OPINIONS / Récemment la Ville de Nicolet a lancé sa campagne «CÉDEZ le passage» pour «enrayer les problématiques entourant les passages piétonniers» selon le communiqué officiel.

Le 21 avril 2020, exaspérée par l’inaction de la Ville de Nicolet au sujet d’une intersection dangereuse, j’ai écrit à la mairesse la lettre suivante.

Il y a plus de six ans, une voiture a heurté mon fils Laurent alors qu’il traversait la rue Pierre-Laviolette. À la suite de cet accident malheureux, la Ville de Nicolet décida d’enlever le passage pour piétons aménagé sur la rue Pierre-Laviolette. De plus, il fut interdit de stationner du côté ouest de la rue Pierre-Laviolette.

Les mesures prises par la Ville sont inefficaces et compromettent la sécurité des enfants qui fréquentent l’école élémentaire Curé-Brassard. D’abord, l’interdiction de stationner du côté ouest n’a pas d’utilité réelle puisqu’elle ne garantit en rien que des parents pressés ou délinquants respecteront l’interdiction. Les statistiques révèlent que la signalisation routière n’est pas respectée par la majorité des usagers de la route. De plus, l’interdiction n’assure pas la sécurité des enfants qui se rendent à l’école à pied ou de ceux qui décident de traverser la rue Pierre-Laviolette d’ouest en est.

En vertu du Code la sécurité routière, le conducteur d’un véhicule moteur ou un cycliste doit céder le passage au piéton et ralentir lorsqu’une personne est engagée dans un passage pour piétons. Nul doute que réduire la vitesse même lorsqu’elle est déjà réduite en zone scolaire contribue à minimiser le risque d’accident.

Les études consultées pour la préparation des Mesures pour assurer la sécurité des piétons au Canada démontrent que les blessures subies par les jeunes piétons sont l’une des principales causes de décès chez les enfants moins de 14 ans.

Selon ce document, les enfants de moins de 11 ans ont de la difficulté à détecter le sens de la circulation des véhicules qui roulent en leur direction. Ils estiment difficilement la vitesse d’un véhicule et leur propre vitesse de marche. Mais surtout les enfants dans cette tranche d’âge croient inconcevable qu’un conducteur ne les voie pas.

En somme, l’interdiction de stationner du côté ouest est un parapluie pour le beau temps. Le gros bon sens exige que la Ville rétablisse le passage pour piétons.

À ce jour, rien n’a été fait. La Ville désire attendre les résultats d’une étude sur la densité de la circulation à cette intersection. Pourtant la rue Pierre-Laviolette est une rue très achalandée: c’est la voie qui mène à l’entrée du parc industriel, elle sert de stationnement de débordement au Musée des religions et c’est le débarcadère des élèves de l’école primaire. N’y a-t-il pas lieu de s’interroger sur la pertinence d’une étude dont le but semble de fournir des arguments pour réviser sans perdre la face la décision de faire enlever le passage piétonnier à la suite de l’accident de mon fils?

Julie Biron
Nicolet