Ne précipitez pas le retour à l’école

OPINIONS / Lettre adressée au premier ministre du Québec, François Legault.

Bonjour monsieur Legault,

Je me présente: Éliane Caron, étudiante en quatrième secondaire à l’Externat Sacré-Cœur à Rosemère.

La situation qu’on vit présentement est très hors du commun et j’étais concernée selon le propos que vous avez tenu le 10 avril 2020 lors de votre point de presse sur la situation en lien avec la COVID-19. Vous mentionniez la possibilité de l’ouverture des écoles et des garderies avant le 4 mai.

Plusieurs pourraient penser que les étudiants prennent avantage de la situation actuelle et s’opposent à l’ouverture des écoles seulement pour rester chez eux et pour ne pas avoir à faire des travaux, des examens et autres tâches scolaires.

Je vous écris pour vous mentionner mon honnête point de vue. L’ouverture des écoles dans un avenir si proche pourrait non seulement augmenter en flèche le nombre de personnes affectées, mais également celui des victimes. Autant de personnes dans des endroits si restreints ne peut qu’être pire pour la population. Certains élèves peuvent être asymptomatiques et en infecter d’autres, qui peuvent le transmettre à leur tour à leurs parents.

Je vous vois venir en disant que les jeunes sont «immunisés» contre ce virus, mais on peut être un vecteur. Qui plus est, certains d’entre nous vivons avec nos grands-parents. Or, vous dites à la population de ne simplement pas les voir, mais ce n’est pas si simple. Également, certains professeurs et membres du personnel peuvent avoir un certain âge et être très à risque.

Cette situation me fait aussi remettre en question le concept de distanciation sociale. Vous devriez voir à quel point les corridors sont bondés de personnes lors des pauses, les rangées de casiers où tout le monde est entassé l’un sur l’autre et la cafétéria au midi où on se précipite en courant.

Un autre point que j’aimerais apporter est le fait que si nous retournons à l’école, je crois que les jeunes en général vont se questionner; si on n’est pas tant à risque que cela, pourquoi pas ne pas recommencer les rassemblements et réunions entre nous? Je me demandais comment vous pensiez être capable de contrôler la situation avec toutes les ramifications possibles de ce virus si imprévisible.

Éliane Caron

Élève de 4e secondaire

Externat Sacré-Coeur

Rosemère