François Legault
François Legault

Monsieur Legault, je veux rester chez moi

OPINIONS / Depuis quelques mois, je suis entré chronologiquement, ou plutôt statistiquement parlant, dans ce que j’ai pompeusement baptisé la prévieillesse. Oui, j’ai maintenant l’âge que l’âgisme qualifie de vieux ou si vous préférez, ce que la science des humains dit fragilisé et à risque de mourir.

Mais, dans ma tête, j’essaie de nier ces statistiques ou ces préjugés; oui, je fais ce que d’autres savants appellent du déni, afin de me conserver en santé, alerte, souple… en un mot, en forme pour vivre centenaire, joyeux et heureux d’être là, chez moi. Je pratique ce que j’ai découvert: la programmation neurolinguistique, c’est-à-dire que je programme mon cerveau pour vivre très longtemps et en forme.

Évidemment, c’est chez moi que je veux rester, dans ma maison, bâtie depuis plus de 40 ans. Oui, je veux y rester jusqu’à mon centième anniversaire de naissance (au moins)! Je veux rester chez nous! Bien sûr, ça devient de plus en plus grand, mais c’est confortable pour les enfants et petits-enfants.

Mais, je ne suis pas fou, Monsieur le premier ministre: je sais qu’il me faudra des services à domicile pour que vous puissiez répéter ad nauseam «Envoye à maison!». Il y a des choix de société qui doivent se faire au-delà du seul critère du profit: nous réalisons que l’autonomie est le diamant de la création, le diamant de la vie; sans cette autonomie à préserver tel un diamant, aucune solidarité ne pourra s’actualiser.

Pour avoir eu la chance de travailler dans le réseau de la santé du Québec, je sais qu’il faut toujours s’éloigner de l’hôpital et des CHSLD (ceux-là encore plus). Mais, il y a aussi la fatalité: celle-là, je la redoute comme la peste…

Je suis heureux de votre «mea culpa» comme chef du Québec, mais il faut faire plus et mieux, car je ne veux absolument pas quitter ma maison que j’aime et dont, ma femme et moi, sommes encore capables de prendre soin ensemble. Mais oui, nous aurons besoin d’aide, de vrais services à domicile, des services essentiels, plus essentiels que certaines industries subventionnées par nos taxes et impôts dont le gouvernement peut diminuer les allocations de nos deniers. Si vous me le demandez, je pourrai vous en dresser une liste…

Merci, Monsieur le premier ministre, de faire votre travail, de ne plus faire de «mea culpa» politiques et partisans, et de faire réellement vivre une démocratie complètement sclérosée par nos financiers, partis politiques et certains entrepreneurs toujours avides de s’en mettre plein les poches.

Un régime de santé publique qui est une source de profits et de corruptions inimaginables doit cesser et revenir à son principe: le respect de toute personne de sa naissance jusqu’à son centenaire! Sinon, arrêtons d’avoir des principes; ça ne fait que choquer le monde et de tuer ce monde.

François Champoux

Trois-Rivières