L’auteur de ce texte est un résident de Louiseville qui s’intéresse à la gouvernance de sa municipalité depuis bon nombre d’années. Il a maintes fois critiqué les sorties intempestives du maire Deshaies, mais cette fois, il baisse les bras.

Monsieur Deshaies, vous avez gagné; je dépose les armes!

Au cours des dernières années, j’aurai rédigé plusieurs lettres d’opinions pour dénoncer une ou l’autre des «sorties» quelconques du maire de Louiseville. Je dois reconnaître aujourd’hui, à mon grand dam, que toutes ces heures consacrées à proposer des réponses rigoureuses au niveau de la forme et du fond à ces prises de position parfois loufoques, mais toujours improvisées n’auront finalement servi à rien sauf à montrer aux citoyens de Louiseville que je me désolidarisais des élucubrations de «l’homme à l’accoutrement distinctif».

Ce qui me gêne le plus en ce moment, c’est de ne pas avoir été en mesure de découvrir plus tôt les vraies motivations de monsieur Deshaies lorsqu’il fait une déclaration publique. Il aura fallu que je relise un éditorial de Martin Francoeur paru en novembre 2016 dans Le Nouvelliste, sous le titre Le cheerleader de Donald Trump, pour enfin comprendre que tout ce qui compte pour le maire de Louiseville, ce n’est pas tant de faire une «sortie» comme de voir l’effet de celle-ci dans les mass media et dans la population. Ce qui importe pour lui, c’est de faire parler du «messager» et de faire parler le «messager» dans les journaux, à la radio et à la télévision.

Ce qui me désappointe le plus par ailleurs, c’est l’attention béate que lui accordent les médias d’ici et d’ailleurs. Pour un homme comme monsieur Deshaies qui carbure au «parlez de moi en bien, parlez de moi en mal, mais parlez de moi», on ne peut pas demander mieux! Il s’agit qu’il dise une sornette pour qu’aussitôt les journalistes et animateurs d’émissions d’affaires publiques (de «variétés», devrais-je peut-être écrire) s’en saisissent et en fassent tout un plat comme si c’était la déclaration du siècle. Je ne peux pas le prouver, mais je soupçonne que les médias et monsieur Deshaies ont négocié un accord «gagnant–gagnant». Monsieur le maire est assuré de faire parler de lui à satiété dans les médias dès qu’il ouvre la bouche et, en retour, les médias vont élargir leurs cotes d’écoute ou leur lectorat en traitant en long et en large de cette prise de parole, en faisant des analyses à cinq cennes ou même en recevant dans leurs studios le «maire le plus divertissant du Québec.»

Face à ces constats, il ne me reste donc plus qu’à quitter le «navire de la critique» envers certaines déclarations du maire Deshaies. Le seul point positif de cette décision, c’est que je n’aurai plus à me fendre en quatre pour démontrer leur insipidité et leur insignifiance. Je rends les armes, je m’avoue vaincu devant un des plus grands maîtres du Québec dans les domaines des relations publiques et de l’autopromotion.

Je demeure convaincu que monsieur le maire va continuer d’employer cette stratégie, pour le moins machiavélique, qui l’a fait connaître et apprécier de la part des médias et de son public-cible. On ne change pas une recette gagnante; on ne fait que la bonifier!

Michel Neveu

Louiseville