La rue des Ursulines, à Trois-Rivières
La rue des Ursulines, à Trois-Rivières

Mon Noël à Trois-Rivières

OPINION / Je suis natif de Québec, mais je viens à Trois-Rivières depuis la jeunesse. Mon père visitait déjà la cité de Laviolette dans les années 40, et nous en conservons de belles photos.

Pour moi, il s’agissait donc d’être à Trois-Rivières pour Noël 2019, après être venu pour la première fois au Festival international de la poésie, en octobre dernier.

Cette dernière visite fut pour moi des plus enrichissantes et exaltantes, puisque j’y ai connu la jeune poétesse Andréanne Vallières, de passage au bar le Zénob.

Mais j’en reviens à cette nuit de Noël trifluvienne…

Dans les journées précédentes, je fus ravi par mes visites au Musée Pierre-Boucher et au Monastère des Ursulines.

Cependant, l’apothéose de cette nuit merveilleuse et solennelle fut bien celle d’entendre les Petits Chanteurs de Trois-Rivières dans la superbe cathédrale d’inspiration gothique.

Ces voix ravissantes et angéliques me transportèrent assurément dans mes lointains souvenirs de Noël, alors que je séjournais à Rome pour les célébrations de l’Année sainte, en 1975.

La présence de Mgr Luc Bouchard fut pour moi une belle occasion de ressourcement. De sa voix chaleureuse et touchante, il cita des extraits de Charles Péguy, relatifs à la petite fille Espérance…

À vous de relire les textes du grand poète: quel beau cadeau de Noël!

Et que dire de mes impressions nocturnes diverses. Je pense à cette femme qui vociférait des paroles incompréhensibles; comme en proie à une douleur, à une solitude, à un mal de vivre peut-être; face à cette nuit dont le sens mystique semblait lui échapper.

Une fois le silence revenu dans la rue Royale, j’entendis soudainement la voix d’airain, grave et retentissante, du gros bourdon de la cathédrale.

C’était comme la voix du Bon Dieu invitant le peuple à la naissance du divin Enfant.

Ô comme la voix de cette cloche majestueuse emplissait bien la nuit froide et dépourvue d’étoiles.

Le lendemain, je me rendis à la Terrasse Turcotte pour admirer le fleuve pris dans ses glaces dérivantes.

La simplicité du matin de Noël, avec un brise-glace amarré à son quai et un cargo de Singapour, à l’ancre au large, me ravissait comme un enfant.

Oui, mon premier Noël trifluvien fut agréable, ensoleillé et poétique, malgré le froid.

Enfin, la douce voix de la chanteuse Eisley, que j’entendis dans un café de la rue des Forges, me fit de nouveau sentir l’intimité de cette journée de Noël, émouvante et unique.

Denis Pelletier-Coté

Québec