Mon dernier passage à l’urgence: 21 heures !

Oui bien sûr, vous me direz que je n’aurais pas dû me rendre à l’urgence de l’hôpital Sainte-Marie de Trois-Rivières, car ce lieu est celui où convergent les ambulances de la région. Mais quoi, le système de santé n’est-il pas en amélioration de ses services ?

Après le passage au ministère de la Santé du Québec du docteur spécialiste Gaétan Barrette, j’ai cru que la qualité des services d’urgence allait finalement connaître de belles améliorations. Je reconnaissais en ce brillant cerveau médical la capacité supérieure de donner au peuple québécois les services médicaux nécessaires à la protection de la santé générale des citoyennes et citoyens de tous âges. Le réseau de la Santé du Québec, c’est gros, c’est très gros et son personnel dévoué à prendre soin des gens de toutes les conditions est remarquable. Mais il y a quand même des ratées flagrantes qui devraient rencontrer le «bon sens» afin de les éradiquer sinon les atténuer de belle façon.

Du 23 au 24 mai 2018, nous avons passé 21 heures à l’urgence de Sainte-Marie (Trois-Rivières) avant d’en sortir avec un plâtre au pied droit de mon épouse, résultat d’un malencontreux accident en vélo.

Assis sur les nouvelles chaises d’un confort douteux (même pour des personnes en santé), nous avons cru que le passage du ministre Barrette (et tous ses prédécesseurs) avait corrigé des lacunes organisationnelles de base. Après mon dernier passage, je dois donner la note «E» («E» pour « échec », non pas pour «excellent») à nos responsables de cette entité médicale de ce gros hôpital. J’aurais voulu donner un «D», même un «C», mais j’aurais manqué de jugement si j’avais considéré cette expérience comme acceptable ou même tolérable.

J’aurais beaucoup à dire ; disons seulement que l’amélioration des temps d’attente de service à l’urgence gagnerait énormément au soulagement des patients qui souffrent, si une communication adéquate de l’évolution de leur dossier leur était transmise à intervale régulière. Dans l’inconnu et le mystère de ce qui se passe réellement de l’autre côté des portes closes, les patients déduisent que leur cas traîne sur le coin d’une table parce qu’il n’y a pas de médecin disponible pour dire où en est leur dossier. Pourquoi ne pas dire ouvertement et honnêtement la situation vécue par le personnel médical, et ainsi permettre aux patients de décider en toute bonne foi, où il peut aller mieux se soigner pour le moment ? L’ignorance augmente la souffrance et décourage qui que ce soit.

Merci quand même à toutes et à tous pour les soins finalement reçus ; cependant, 21 heures, c’est beaucoup trop long. Oserais-je dire que c’est inacceptable et qu’on peut faire mieux ? Je le pense respectueusement.

S’il faut en plus que l’Ontario vienne nous soustraire des médecins francophones ! Devrons-nous alors refaire confiance aux charlatans d’antan ?

François Champoux

Trois-Rivières